samedi 28 janvier 2012

ILE DE DON KHON



VENDREDI 27 : notre nuit fût des plus réparatrices, et c’est en forme que nous sommes partis à la conquête de Don Khon ce matin et cette après-midi, de sa petite jumelle du Nord, Don Diet, avec un peu plus de 40 kilomètres au compteur de notre «Zong Shen»,  la motocyclette de fabrication chinoise que nous avions retenue dès hier au soir.
Les premiers 100 mètres, Anne accrochée derrière,  furent acrobatiques, les 100 suivants moins périlleux et mes années «moto» revenant à la surface, la suite ne posa aucun problème. Avis pas complètement partagé par ma passagère…
Une journée éreintante heureusement entrecoupée de plusieurs haltes pour reprendre notre souffle, car ici l’on ne connait pas le bitume, une seule route en latérite de 2 mètres de large du Nord de Don Diet au Sud de Don Khon, articulée par le pont qui relie les deux îles, et que des chemins défoncés par les saisons des pluies successives, mais praticables en cette saison sèche.
Cette route en latérite relie en fait un quai de débarquement dit des «français» au Nord à un quai de débarquement dit aussi des «français» au Sud, car à la fin du XIXème siècle nous les Français nous étions partis à la conquête du de la rive gauche du Mékong occupée par les Thaïlandais, seulement à hauteur de Don Khon, le fleuve de part et d’autre des îles n’est que cataractes et rapides. Comme il fallait passer les baleinières, restait à le faire par «terre» sur une petite voie ferrée. Une fois la conquête effectuée, nous avions alors utilisé le Mékong comme axe commercial contrôlé par «les Messageries fluviales», entre le sud de la Chine et le port de Saïgon en Cochinchine, à destination de l’Europe. D’où par la suite, le débarquement des marchandises à l’un de ces môles et le réembarquement à l’autre, dans la descente : les peaux, l’ivoire, l’or, la cardamone, les bois précieux, et dans l’autre sens : les ustensiles de ménage, l’outillage et la verroterie. Entre les deux, le petit train jusqu’à ce que la route coloniale fût construite sur la rive droite entre Saïgon et Luang Prabang… Le Mékong avec ses caprices fût rendu à la navigation indigène et la petite voie ferrée, utilisée lors de la dernière guerre par les Japonais, devenue définitivement obsolète, laissa la place à la route en latérite en question.
L’histoire de l’Indochine française est une histoire passionnante.
C’est donc, on l’aura compris, ici au niveau fluvial de l’île de Don Khan que le cours régulier du Mékong se transforme en «rideaux» de chutes suivis de rapides, nous offrant des paysages de roches et d’eaux  bouillonnantes très beaux, même si nous sommes bien loin de la «monstruosité» qui caractérise celles d’Iguazu. Nous les avons admirées des deux côtés, mais c’est à la hauteur de l’une d’entre elles que nous avons passé un bon moment à regarder toute une petite population d’îliens pêcher de petits poissons en quantité avec des nasses de bambous tressés placées comme entonnoir dans le courant,  qu’ils installent avec toute une architecture de cannes de bambous, arc-boutés entre les rochers. Une fois pêchés, ces petits poissons sont séchés au soleil sur des rochers plats, voire ça et là dans la campagne sur des bâches, l’odeur suffit à les repérer.
C’est non loin de là que nous avons déjeuné, sur une terrasse dominant l’eau, non sans avoir vu au préalable le Sud de notre île, là où se situe le môle Sud, qui fait face au fleuve qui réunit « enfin » toutes ses eaux. Une immensité d’eau verte, le Mékong qui nous était apparu au Cambodge couleur «bleu-ocré» se révèle bien vert ici, à n’en point douter une question de lumière. A cet endroit une colonie de dauphins Irrawady y a établi ses quartiers, prétexte à un tour de bateau pour celui ou celle qui ne les aurait pas encore vu où qui en redemanderait.
Nous y avons croisé une famille de Laotiens-Français, mère et père nés au Laos, lui de parents chinois nés en Chine et les deux grandes filles nées en France, qui nous ont compté leur saga, entre leur pays d’origine et leur pays d’adoption, qui illustre bien ce que peut représenter le poids du «sol» pour les Hommes.
Chemin faisant nous avons découvert des petites grèves rendant la baignade possible, avec sable d’origine cette fois-ci, mais c’est à la pointe Nord de Don Diet que nous irons dans l’après-midi faire trempette sur une petite plage plutôt fréquentée… Du moins moi car Anne au dernier moment a préférée «faire terrasse» devant un café glacé. Je ne pouvais ne pas me baigner dans le Mékong. Eau délicieusement fraîche en contraste avec la chaleur écrasante, le tout est de faire abstraction du fait que le Mékong est un égout sur presque la totalité de ses 4850 kilomètres. Fleuve nourricier qui est en même temps la poubelle de ses riverains.
C’est à la pointe Nord de Don Diet qu’est le regroupement «historique» des routards de tout poil, l’habitat traditionnel y est complètement «mangé» par les bungalows, certains en état de décrépitude,  et autres cyber-cafés bruyants. Un esprit «petit Katmandou» qui dénature l’endroit… A fuir.
Retour dans notre «bled» beaucoup plus serein par les chemins de campagne, la même ruralité que dans notre île, rizières en attente de saisons des pluies, vaches et buffles au champs, habitat en tout point similaire à celui rencontré ces derniers quinze jours, le communisme laotien qui pavoise à la faucille et au marteau, n’a pas pour autant modifié les habitudes de vie, du moins à quelques encablures du pays voisin, peut-on dire jusqu’à maintenant. La morphologie et le faciès des gens sont néanmoins complètement différents. Ici ce sont des Lao Loum, bouddhistes qui vivent dans les plaines inondées du Mékong pour y cultiver principalement le riz.
Un dernier pot une fois repassé le pont pour terminer notre journée, pour contempler le coucher de soleil sur les cocotiers, voir la population prendre le frais du soir, les poules et les coqs gambader, les chiens et les chats aussi (c’est en arrivant au Laos que nous avons revu le chat), les gosses jouer dans la rivière. Vu aussi que l’on s’y faisait sa toilette, classique aussi dans ces pays,  et que l’on n’hésitait pas non plus à s’y laver les dents…Comme quoi !
Enchantés mais épuisés, avec les jambes qui nous rentrent dans le corps et la carcasse en accordéon… La veillée sera probablement écourtée ce soir.

SAMEDI 28 : la voilà la journée véritablement «à rien faire»… Que de prendre son temps pour aller au bout de son sommeil et ce sera 8 heures 15; de prendre son petit déjeuner sous la vaste véranda de notre guesthouse-restaurant, qui donne sur le fleuve dans ce décor si « tropical » que nous ne l’oublierons pas de sitôt, au pied du pont qui nous ramène à l’histoire des Français. Un petit déjeuner «top classe» avec petite omelette pour moi faite par l’un des nombreux gamins qui composent la vaste famille de notre sympathique et efficace «taulier », et qui gravitent de partout. Un petit déjeuner plus français pour Anne avec baguette, beurre et confiture, depuis que nous avons atterri en ces terres asiatiques, nous ne mangeons que du bon pain, la trace de notre passage avec «la vache qui rit».
Un petit travail sur internet pour réserver notre futur hôtel juste avant midi avant de nous aller «traîner»,  déjà sous la chaleur envahissante, à travers les maisons du village, en ne ratant rien du détail qui fait que nous sommes ici et pas ailleurs, jusqu’à l’endroit où nous avions débarqué il y a deux jours, que nous avons revu en repassant avec notre motocyclette, plutôt deux fois, mais qu’il nous plaisait de découvrir plus intimement.
Ce n’est pas que l’on traque plus particulièrement les vestiges de la colonie, si moi pour me replonger le temps d’une parenthèse dans mes années 50 quelque part dans une atmosphère heureusement surannée et que les moins de vingt ans ne soupçonneront même pas, tout est fait pour mourir… Mais côté «intérieur» du chemin trois vieux bâtiments dont un converti en dispensaire qui vous donnerait presque que l’envie de mourir que de si faire soigner, facile à dire, et plus loin deux autres : l’un cours secondaire et l’autre cours primaire, réduits tous les deux à l’état de ruines mais doublés à l’arrière d’écoles plus récentes dans un béton utilitaire, l’important est d’apprendre, et pour la jeunesse de prendre ensuite la longue queue et d’aller faire son existence en des lieux que l’on voit à la télé.
A l‘endroit même du petit quai de débarquement, les yeux sur ces eaux du Mékong qui passent pour se retrouver à se jeter 800 kilomètres plus bas dans la mer de Chine, nous avons déjeuné de poisson cuit dans une feuille de bananier. Attention gastronomie : comme une purée ferme d’un poisson très fin mélangé à de l’oignon émincé et copeaux de légumes variés, un peu d’œuf sûrement et le tout lié par du lait de coco, épices et faites cuire au four doucement. Un peu de riz gluant, des légumes sautés, un thé et voilà une petite folie à l’équivalent de 7 dollar 50 pour deux. Le papier peint «orientaliste» sur les murs n’est pas fiction mais que la réalité des gens d’ici, le rêve du voyageur certainement mais la vraie vie est ailleurs, la nôtre du moins.
Evidemment, si la carte porte à chaque fois une centaine de plats à repérer par un numéro, pas de surgelés ici, la cuisinière retrousse ses manches et vous êtes partis pour une bonne demi-heure d’attente, prière d’amener de quoi vous occuper si le paysage et les gens qui passent ne suffisent pas !
Il faut être d’ici pour s’y installer. Rencontré hier la fille d’un Laotien Français, chinois d’origine mais originaire de Don Khon, qui transportait des planches avec «sa tribu», elle fait fabriquer des bungalows, avec elle un petit gars de chez nous, espérons leur le bonheur.
A l’endroit de notre débarquement, juste en face de notre restaurant qui entre ses quatre planches et panneaux de bambous tressés, n’a probablement jamais entendu parler des étoiles de monsieur Michelin plus connu en « Indochine » pour ses plantations d’Hévéas, c’est pour ces messieurs que nous sommes allés nous faire ridiculiser à Dien Bien Phu, et tués… En face donc, un joli bâtiment d’un beau jaune ocré, ancien siège des «Messageries fluviales» aujourd’hui reconverti en hôtel, le plus cher de l’île, à 50 dollars la chambre, rendez vous compte !
L’établissement dispose de sa salle à manger sur le fleuve, à l’entrée  une décoration de photographies des années de conquête et de l’exploitation de «la ligne», les femmes en crinoline, les hommes de blanc revêtu et casque colonial sur la tête, et le «Niakoué» du coin dans sa tenue de primitif… Tel était l’ordre des choses pour celui qui ne comprendrait pas que le Laos soit devenu communiste.
La nature est encore de jungle épaisse et l’éléphant la bête de somme. Une des bêtes de somme car la France est allé chercher 200 000 Annamites pour réaliser son rêve de Mékong, à construire la voie du chemin de fer,  dont une bonne partie a fertilisé le sol de Don Khon et de Don Diet… « Allons z ‘enfants de la patrie…ie, le jour de gloire est arrivé… »… Un coup de gomme et l’on efface tout.
En attendant, et sans enchaînement, nous avons repris le chemin de notre bungalow pour arrêter  le temps : sieste, blog et lecture au balcon… Jusqu’au coucher de soleil sur les petites montagnes du Cambodge de l’autre rive. Trois gros oiseaux volaient en direction de l’Ouest comme s’ils avaient peur de la nuit qui arrive bien rapidement dans ces contrées. Au Laos il n’y a pas eu de guerre fratricide à oublier, seulement un déluge de bombes américaines pendant des années et des années pour faire comprendre aux Laotiens que le communisme était le diable, ces «cons» n’ont rien compris, et en plus ils sont gentils et accueillants !
Les Gens se lèvent tôt donc se couchent tôt… Le dîner sera ici ce soir, notre «rapport d’étape» prendra d’un clic ou presque, le chemin satellitaire de la communication pour se retrouver accessible par la famille et les amis qui le voudront bien… Mais oui, nous vivons une époque formidable. Bon on ne discute pas ainsi de «la chose» avec les laissés pour compte, révolution en perspective !
Nous avons tout notre temps, notre bateau est pour demain 11 heures 30, ensuite le bus de l’autre côté du fleuve. 









vendredi 27 janvier 2012

LA ROUTE DU LAOS



JEUDI 26 : nous avons quasiment fait l’ouverture de notre bar préféré, même aidé à sortir les fauteuils, petit déjeuner à 6 heures 30 avec bagages sur le trottoir pour un départ à 7. Le minibus que nous attendions s’est arrêté comme prévu au coin de la rue à peu près à l’heure, mais nous n’étions pas partis !
Si notre Van Mercédès était loin d’avoir tous ses passagers, il débordait déjà de colis et de bagages et Anne était inquiète de voir ficeler les nôtres très largement hors du coffre arrière, au dessus du vide, et encore plus inquiète lorsque qu’à l’issue du tour de ville pour ramasser nos compagnons de voyage, ce sont nos sacs qui servirent de support aux autres. Pas trop de problème avec les sacs des touristes, bien arrangés, mais avec les locaux qui transportent n’importe quoi et n’importe comment de préférence.  
D’ailleurs nous nous  sommes retrouvés coincés très rapidement entre des sacs de mangues vertes, un gros emballage de polystyrène, nos bagages à mains et ceux des autres. En parlant des autres, pour 15 passagers prévus plus 3 sur les strapontins (en fait ces fameux sièges à une fesse qui viennent se rajouter dans l’espace qui permet entre deux sièges «normaux» d’accéder aux places arrières), dont le chauffeur et son assistant à l’avant, nous étions donc 18, puis à 21 grâce à une espèce de banquette de 20 centimètres de largeur placée derrière les sièges avant (et que nous avions pris au départ pour un repose pied bien que déjà fort encombré de marchandises), sur laquelle se sont serrées 3 personnes supplémentaires, dont 2 le dos à la route, le troisième les pieds dans le levier de vitesse. En cours de chemin une cliente avec ses paquets s’est présentée et elle s’est retrouvée à partager le siège de la passagère avant, nous étions alors 22  quand s’est annoncé plus loin un 23 ème candidat à l’embarquement, avec son bagage. Notre chauffeur ne s’est pas démonté, il ouvrit bien large sa portière et fit monter notre postulant passager sur son siège, coincé entre lui et sa portière, l’histoire ne raconte pas s’il avait les pieds sur les pédales quand notre chauffeur avait les mains sur le volant, enfin une car l’autre servait quelque fois à téléphoner… Et «à fond la caisse», téléphone ou pas !
Anne et moi étions par bonheur assis juste derrière le chauffeur (places réservées à l’achat de nos tickets), et si cela nous laissait plutôt moins de place pour les pieds coincés par les mangues (Anne avait une «patte» sur l’un des sacs), au moins nous avions un accès visuel au paysage.
Nous avons fini par perdre un peu de lest en route, une cambodgienne est descendue avec ses deux poules qui en ont caqueté de joie, nous ne nous étions même pas aperçus que nous trimbalions avec nous des cocottes… Le manque d’espace avait dû leur clouer le bec !
Nous avons roulé ainsi vers le Nord en direction du Laos. Dans un premier temps, nous avons suivi la rive du Mékong et sa berge plantée de maïs, puis nous nous en sommes écartés pour retrouver une campagne guère différente que celles déjà traversées, même quand le terrain s’est mis à avoir un peu plus de relief. Même habitat plutôt moins dense, même décor plutôt moins vert, peu de plantations autres que celle du manioc dont les habitants font sécher sur des toiles le long de la chaussée, macadam chaud en-dessous et soleil mordant au-dessus, les racines débitées en morceaux grands comme des pommes de terre, je pense pour la fabrication du tapioca. C’est pratique mais en attendant il faut faire avec pour circuler. Un usage asiatique fréquemment rencontré (de l’Inde au Vietnam et de l’Indonésie à la Chine), les riverains des routes le font pour le riz, pour les épices, ici pour le manioc.
Partis en réalité de Kratie à 8 heures nous arrivions à 10 heures passées du quart à la porte de Stung Treng dernière ville avant la frontière. Du mini-van nous sommes passés dans un Hyundaï bien connu et nous sommes repartis pour une bonne demi-heure de route avant de stopper à la frontière.
Dans le bus, deux petits malins ont tenté de nous abuser en nous faisant croire que c’était à eux de s’occuper des formalités moyennant 44 dollars par personne. Certains ont marché, d’autres pas comme nous, et nous nous sommes occupés nous-mêmes du passage avec un coût de visa à 30 dollars + 1 aux Cambodgiens pour qu’ils acceptent de nous donner le coup de tampon de sortie et + 2 autres à leurs collègues Laotiens pour le petit coup de tampon d’entrée… Il n’y a pas de petits profits !
De l’autre côté un bus (compris dans notre ticket), toujours un hyundaï (vive les Coréens), pour les 20 minutes de la route laotienne qui mène à l’embarcadère de Bana Kasang.
En face, les «mille îles», et là bas sur la berge du bras le plus éloigné du Mékong, les petites montagnes du Cambodge comme un clin d’œil pour ne pas se faire oublier de nous.  
Sur 50 kilomètres de son cours le Mékong se sépare en de multiples bras sur à peu près 20 kilomètres de large, et enserre entre eux un très grand nombre d’îles et d’îlots plus ou moins grands.  Parmi les îles habitées, deux sont qualifiées de «paradis du voyageur», Don Khon et Don Det, reliées par un pont, et c’est dans la première que nous avons décidé d’aller. Faire Quoi ?...  Rien.
La «longue queue» chargée comme une mule s’est faufilée pétaradante dans l’archipel et nous avons pu  débarquer aux alentours de midi. Restait à trouver notre guesthouse et c’est à la quatrième tentative que nous avons trouvé demeure : un vaste bungalow super équipé (dont un lit de 2x2 mètres), meublé «ambiance tropiques» avec petite véranda donnant sur une plage artificielle de beau sable, en bordure du fleuve.
Séduit par cet écrin de verdure tropicale nous avons décidé d’y rester deux jours complets, vu que nous en avions un d’avance, et comme notre guesthouse fait en même temps : billetterie, location de vélo et de moto etc… Et restaurant. Nous y avons pris nos deux repas et entre les deux, nous nous sommes «payés» pour récupérer un peu, et au milieu d’une après-midi à lire, une sieste d’enfer!

***  REMERCIEMENTS ***
Voila, pour le Cambodge, la route effectuée est publiée en tête du récit de la dernière route de la traversée de ce Pays. Bien sûr, on peut regretter de ne pas lui avoir accordé plus de temps, à flâner plus que de découvrir d’avantage de lieux, peut-être les îles au large de Sinaoukville et le Nord-Est du Pays, légèrement montagneux et propice à la ballade en éléphant, mais il faut reconnaître qu’avec le site d’Angkor, le trésor de ce pays sont les gens, beaux et exceptionnels de gentillesse.
Maintenant le Laos, notre parti pris sera d’oublier le Cambodge, nous nous livrerons invariablement au jeu de la comparaison mais ce sera plus tard.
Un grand merci à ceux qui nous lisent, j’ai conscience que je suis souvent long à travers mes récits journaliers, mais ce blog est avant tout «égoïste», il est notre mémoire, mémoire de nos sensations et de nos sentiments, à égalité avec les faits tels que nous les avons vécus.
Un grand merci à tous ceux qui nous ont accompagnés par leur petit mot sur le blog et par mail, l’écho fait plaisir et les nouvelles tout autant, à cela nous sommes très sensibles. 





mercredi 25 janvier 2012

KRATIE



MARDI 23 : D’abord l’on dit «Kra-tché», because le nom  en cambodgien s’écrit Krâchéh en se prononçant comme je viens de le dire, et ceux qui prononcent autrement, c’est qu’ils ne sont jamais venus ici…Comme nous, avant d’être mis au parfum par quelques rencontres faites depuis que nous sommes dans ce charmant pays.
Ce n’est pas « notre » compagnie habituelle de car qui était concernée ce matin, mais la «Thong Ly Transportation», toujours des cambodgiens chinois, le business c’est eux comme à peu près partout dans la péninsule indochinoise. Nous 15 minutes en avance et eux 45 minutes en retard… Bon, mieux vaut cela que de tomber en panne. Et puis nous avons (j’ai surtout) pris beaucoup de plaisir à patienter au carrefour, là où la préposée de la compagnie est installée à une table sur le trottoir devant le bureau qui lui est vide, au milieu du «tas» de clients » et du tas de paquets, beaucoup de plaisir à observer la circulation. Ces sacrés deux roues à moteur tirent vraiment tout et n’importe quoi. Vu ce matin le record, 5 passagers sur la selle du même engin, 3 jeunes hommes et deux garçonnets assis l’un derrière l’autre… Vraiment un truc que l’on ne pourrait pas faire chez les nudistes quand on est un garçon… Imaginons un instant le coup de frein un peu violent !
Les Cambodgiens Khmers ont parfois de belles mobylettes, les Cambodgiens chinois ont souvent de belles et grosses Toyota et parfois de belles et grosses Lexus, ainsi parle la rue au Cambodge.
La « Tong Ly transportation » irrigue aussi un tas de destinations avec des minibus à partir de Kompong Cham. Bourré de partout, l’un était en partance pour je ne sais où, des routards voisins de chaises ont embarqué mais une «anglo-saxonne» toute de noire vêtue et bien propre sur elle s’est mise à faire de la résistance en voyant le spectacle, il ne lui restait qu’un petit strapontin sur lequel elle ne pouvait réellement ne poser qu’une fesse alors qu’elle avait payé pour les deux. Le spectacle dans le spectacle. Elle voulait attendre le lendemain quand elle a compris que c’était tout les jours comme ça.
Et notre Hyundaï est parti, bon train de stop en stop où ça montait tellement plus que ça ne descendait, qu’il a fallu sortir les petits tabourets, et coudes à coudes nous sommes repartis comme dab à slalomer au milieu des gens, avec toujours des coups de trompe à répétition style «tire-toi de mon chemin».
D’abord la route a traversé de grands espaces voués au riz. La belle moquette quand tout est au vert. Puis véritablement pour la première fois, nous avons de côte en côte pris un peu d’altitude pour un paysage de plateaux. La route fait une grande boucle vers l’Est jusqu’à flirter avec la frontière du Vietnam. Le manioc est réapparu, l’hévéa aussi, d’autres cultures non identifiées et la nature ensuite s’est faite plus pauvre, les gens aussi avec des îlots de grande misère, pilotis courts sur des maisons qui devenaient au mieux des cabanes, la palme tressée prenant le pas sur la planche. La mob au pied parfois quand même, j’imagine l’investissement.
Et l’arrivée sur Kratie. Le bus allait plus loin et nous nous sommes retrouvés plantés sous le cagnard de 13 heures bien sonnées à un carrefour, à l’entrée de la ville. Le premier tuk tuk a été assez long à passer, il était plein, en deux mots nous l’avons invité à revenir et il est revenu. 1 dollar c’est toujours bon à prendre, et nous voilà à nouveau installés sur la rive du Mékong…Le fleuve. Pas de réservation cette fois-ci, j’avais repéré l’hôtel sur le guide, un immeuble de l’époque française, que nous avons pris malgré l’absence d’internet, pas étonnant que notre mail n’arrivait pas à partir. Nous sommes bien.
Après nos pâtes/quelque chose pour Anne et mon riz/quelque chose pour moi au premier restaurant rencontré, nous sommes de « théière en théière », le thé chaud ça «dessoiffe» (c’est du berrichon), partis à la conquête de la petite dizaine de rues qui viennent pour la moitié s’échouer sur celle qui borde la promenade qui longe le fleuve.
Si vous avez l’âme gaie, Kratie, petite bourgade de 80 000 habitants (où sont t-ils ?), est le charme du bateau échoué sur une berge et transformé en joyeuse et colorée «cour des miracles». Au contraire, si la poésie ne vous convient pas, c’est une poubelle à ciel ouvert. Il faudrait un test au carbone 14 pour dater ce qui jonche le sol (lui-même défoncé) : papiers, bouteilles, vieux sacs… Nous aurions la date de  construction de la toute première maison.
Et dire que le grand projet du coin c’est de développer l’écotourisme, j’imagine que c’est pour faire venir «les verts» pour ramasser tout ça !
Un grand marché neuf se construit, en attendant tous les trottoirs font «marché». La Pagode aussi est en travaux, d’ailleurs il y a plein de travaux partout et ce qui ne l’est pas devrait l’être. La promenade est impraticable à la promenade, tellement envahie avec côté rue, la succession de ceux qui vendent, avec la chaussée pour ceux qui consomment, sauf que les caniveaux sont pleins de déchets, et côté fleuve, tout ce que les premiers sont capables de produire comme immondices avec de temps en temps des tables et des chaises pour ceux qui souhaitent «faire terrasse »… Et tout le monde est joyeux au point de se demander si ce n’est pas nous qui «pétons» les plombs avec notre propreté.
D’ailleurs nous faisions nous-mêmes «terrasse» quand le chauffeur de tuk tuk de ce matin, qui devait nous pister, nous est tombé dessus, femme et gosses aux bras. Une fort bonne chose, nous nous  sommes entendus pour un programme d’enfer pour demain.
Quelques petits bateaux vont sur l’île d’en face, des passeurs aussi, on voit quelques toits émerger de la verdure… Et le soleil s’est joliment couché sur le fleuve.
Dans la journée nous avions croisé le haut lieu de la «routardise» de passage, un bar/resto/ guesthouse, nous y sommes retournés dîner pour quelques fifrelins (au son de la musique latino, et dans la nuit avec les murs «orangés» de la salle, nous nous serions crus à Cuba), avec l’ordi sous le bras pour la wifi … Et nous y avons acheté nos tickets de bus pour le Laos. C’est’y pas bien tout ça !

MERCREDI 25 : si l’on parle chiffres, nous sommes partis pas loin de 8 heures en tuk tuk à faire en gros 100 kilomètres en 7 arrêts sans compter les stops photos. Dépose devant l’hôtel à 16 heures 30  sonnés. Une belle et bonne journée à découvrir la rive gauche du Mékong, ses habitants dans leurs activités, sur plus de 35 kilomètres au Nord de Kratie pour commencer et pas loin de 10 en direction du Sud pour terminer.
Premier arrêt, incontournable dans la région, voir les Dauphins de l’Irrawaddi, espèce menacée  de couleur gris-bleu et qui fait 2 mètres 50 de moyenne. IL n’existe que peu de colonies, ici bien sûr mais aussi au Laos, au Bengladesh et en Birmanie dans le fleuve du même nom.
 Ce fût un bon moment de grand calme au milieu des eaux du fleuve. Nous n’étions que nous deux dans notre bateau et notre «jeune marin d’eau» douce a mis peu de temps pour repérer les bestioles, avant de rejoindre les quelques autres bateaux pour en voir d’autres. Anne était un peu déçue de ne pas les voir faire des sauts mais le dauphin d’eau douce doit se la couler comme ça ! Toujours est- il que nous les avons bien vus, avant que la foule ne commence à venir et nous en étions bien contents.
Voila, ça c’est fait !
Deuxième arrêt, découvrir toute une famille fabriquant au pied de la maison, des petits réceptacles en bambou pour recevoir un mélange de riz gluant aux haricots et lait de coco, c’est plutôt sucré et cela se vend aux bords des routes. Première opération, l’on scie dans de la canne de bambou des sections de 30 centimètres, deuxième pour passer les morceaux de bambou au feu de sorte à brûler, sans carboniser, la partie externe afin de l’attendrir, troisième intervention, avec une machette l’on amincit la canne de l’essentiel et des femmes ensuite, au couteau, en ramène l’épaisseur finale à 4à5 millimètres. Un tube est donc obtenu, bouché naturellement et prêt à recevoir «la gourmandise» préparée d’autre part, protégée par un bouchon de fibre de bambou récupérée ensuite. Pour déguster, Anne n’a pas goûté mais moi oui et c’est bon, il suffira d’éplucher le bambou comme l’on fait d’une banane, si l’on peut dire. Evidemment le «krolan», cette spécialité de Kratie, sur les trottoirs de Paris ou d’ailleurs en métropole, le fiasco serait au rendez-vous !
Y- savent pas ce qu’est bon !
Troisième arrêt pour voir une autre famille, toujours au pied de la maison, extraire le jus de palme, avec un godet posé au bout d’une hampe florale sectionnée et qui de faite «jute». Il suffisait de lever le nez pour voir les palmiers équipé de la sorte en tête de la stipe. Nous avons goûté et c’est bon, très bon. Ce jus est ensuite filtré et chauffé dans un chaudron et au terme du processus, que nous n’avons pas complètement suivi, l’on obtient une pâte sucrée qui est très bonne aussi, Anne y a reconnu un goût de caramel.
Quatrième arrêt. Le terme de «notre montée» était de rejoindre le village de Sambor, ancienne cité pré-ankorienne dont il ne reste rien (ouf), mais qui possède un temple nommé «le temple aux cent colonnes», en activité bien évidement et il fait même l’objet d’un pèlerinage, temple exceptionnel car ce n’est autre que le plus vaste du Cambodge. C’est vrai il est rutilant aussi bien de l’extérieur avec ses colonnes (108 en vérité), qu’à l’intérieur avec son autel de bouddhas dont une de belle hauteur et ses peintures murales, plafond compris. Beau stupa doré à côté.
Nous avons déjeuné en face, sur la terrasse d’une gargote surplombant la rive du fleuve, le Mékong dont nous avons suivi le cours, pour arriver là.
Sur le retour le cinquième arrêt qui fût l’étonnement de la journée. Nous l’avions entre aperçu à la montée, nous nous sommes arrêtés à la descente. L’attraction de la région. A cet endroit le Mékong enserre dans ses bras une quantité d’îles, d’îlots, d’îlets et même de bancs de sable. Au lieu dit Kampi, une installation incroyable a été installée sur les premiers bras du fleuve, enjambés par une passerelle en planches.  En épis de chaque côté de cette passerelle, une dizaine de carbets en forme de pontons plus ou moins longs, dominent d’un mètre les eaux du fleuve qui forment de petits rapides. L’endroit s’appelle d’ailleurs «Kampi Water Rapids». Sur la passerelle il y a foule, déjà pour y accéder ce n’est pas simple avec les marchandes et marchands installés partout, et sur les pontons, sur des nattes et protégés par les toits de palmes, s’agglutinent les familles qui viennent y passer la journée et faire trempette dans le courant, entre chaque ponton. Toute la « bouffe » est proposée sur place, du mini poulet au poisson, en passant par le riz, les beignets de toutes sortes, bref de tout ce qui peut se manger dans ce pays … Des cambodgiens dans leurs habitudes, un grand moment de dépaysement.
Autre arrêt, le sixième, celui qui nous a permis de monter sur la colline Phnom Sombok dans un méandre du fleuve. Un joli petit temple domine le paysage et la vue à 180°  sur le fleuve est superbe. Mais pour y arrive, il faut «se taper» 369 marches et vous êtes accueillis par Bouddha, qui vous gratifie d’un beau sourire «zen» alors que vous êtes au bord de la mort !
Traversée de Kratie pour filer vers le sud pour finir. Au sortir d’une rivière, s’est installé un village flottant peuplé de familles d’origine vietnamienne et nous resterons là quelques instants pour un septième et ultime arrêt du programme, à regarder la magie de la vie des peuples de l’eau.
Du Mékong, certes nous n’avons pas mis un orteil dans son eau, nous verrons plus tard,  mais nous nous sommes largement baignés dans son atmosphère, et c’est saoul de soleil, de chaleur, de vent, de cahots et d’images que nous ferons un bon dodo ce soir… Au retour du «Red Sun Falling», la bonne adresse d’hier au soir.
Demain, cap sur la Laos.












mardi 24 janvier 2012

KOMPONG CHAM



LUNDI 23 : nous sommes installés sur la rive du Mékong, une grande fenêtre, un balcon sur le fleuve. J’aime bien dire «le fleuve» comme à quelques méandres plus au Sud dans le delta, la petite fille de Sa-Dec le nommera…  Marguerite Duras devenue grande, en parlera  plus tard avec révérence et nostalgie dans ses romans.
Au «top ten» des fleuves mythiques, le Mékong a une place d’honneur. En charriant ses eaux depuis les pentes du Tibet, d’avoir nourri tant de peuples et de continuer à irriguer tant de terres, il mérite même le podium à nos yeux. Nous avions eu un choc émotionnel à remonter son courant au Vietnam, à «sauter» d’un bras à l’autre, à prendre le bac pour le traverser plus en amont.
Nous le voyions au loin à Phnom Penh, il est là à nos pieds à Kompong Cham.
Partis à l’heure nous sommes arrivés à 15 heures. En dépit de trois arrêts «bouffe». Pour le troisième c’est le chauffeur qui avait faim, nous autres, avions tous «grignoté» aux deux premiers. Sitôt sa plâtrée de riz terminée nous sommes repartis de plus belle comme s’il voulait effacer cet arrêt de trop.  «A fond la caisse» le hyundaï, un coup à droite, souvent au milieu, parfois sur la bande de gauche quand l’état de la route était plus favorable, mais toujours «pied à la planche». Nous nous sommes sentis revenir au temps de l’oléopneumatique, le bus se balançait comme une DS de la première époque. Pour une fois le mécanisme d’inclinaison de mon siège fonctionnait, la position relax et le balancement m’ont emporté et j’en ai piqué un somme, Anne l’a fait plus tard… Pourtant une adorable petite fille de 3 ans sur le siège de devant nous assurait le spectacle. A croquer, à nous donner des envies d’adoption !
Le Cambodge rural défilait de chaque côté tel que déjà décrit. A noter qu’au nord du lac, que nous longions à distance, la culture est au riz. Que la campagne doit être belle quand elle se nappe de vert. En fait la géographie du terrain est sur deux plans : celui de la vie humaine et celui de la vie animale et végétale. La différence entre les deux, 1 mètre en moyenne. Partons de la route qui est «en levée» par rapport aux champs, aux rizières, avec de chaque côté des tertres de mêmes niveaux sur lesquels est construit l’habitat, sur pilotis, en planches, toits en tôle au mieux en tuiles. La plupart du temps, lorsque l’agglomération se forme apparaît «le dur». Pour l’un est l’autre, la première richesse s’affiche avec les rambardes : en inox, torsadé. Souvent la route est bordée de mares et alors des chemins également en levée mènent aux espaces, de niveau donc, où sont les maisons. Dans l’espace cultivable, des vaches et des buffles, sur les voies de circulation, toujours le même trafic. Dans les bourgades traversées, la même effervescence humaine.
En arrivant sur Kompong Cham, l’hévéa est apparu en de nombreuses plantations, le bas du tronc orné de sa saignée en spirale au terme duquel le petit godet… C’est que nous approchions du Mékong.
Kompong Cham fût la troisième ville du pays après Phnom Penh et Battambang mais Siem Reap et Sihanoukville avec leur développement touristique sont passés nettement devant. Ecrasée sous la chaleur nous l’avons trouvée alanguie sur la rive du fleuve, et ce n’est qu’en fin d’après-midi  que le monde a mis le nez dehors nous a-t’il semblé. Le plaisir de l’autochtone est sans nul doute de venir prendre le frais le long du fleuve, la famille, les copains, les copines, agglutinés sur la même moto ou à remplir au-delà de la prudence les bennes des pick-ups. A déambuler sur la promenade entre les gargotes qui ont dressé leurs cuisines roulantes, les tables et les chaises. Nous nous sommes installés en face, à la terrasse du bar mythique de la ville, le rendez-vous du routard branché, Il est en bonne place dans les guides donc tout ce qui voyage passe par là. Nous y avons diné.
Avant, nous étions allés sur l’autre rive voir sur place le vieux phare français. Fait un tour de ville, découvrir le marché, un capharnaüm sans nom sur la terre battue et sous les tôles, où les mouches s’étaient donné rendez-vous, principalement aux étals de «bidoches». Pas grand-chose d’autre à voir si ce n’est de petits villages Cham (D’où le nom de la ville) dans la campagne des environs, avec leurs petites mosquées. Rien de bien neuf, nous en avons déjà rencontrés, aussi en passant nous avons acheté pour demain nos tickets de bus pour Kratie, plus au Nord sur le fleuve. Départ à 9 heures.
Deux beaux bateaux de «croisière fluviale» sont amarrés à la rive terreuse du fleuve, l’un est parti et l’autre semblait vouloir passer la nuit ici.
Nous, nous sommes presque en face, dans une chambre VIP à 25 dollars dans un hôtel pour «hommes «hommes d’affaires», le «must» de l’hôtel nécessaire pour être sur le fleuve, voir le soleil s’y lever demain matin, un mobilier d’un luxe inouï pour beaucoup d’extrême-orientaux, le sommet du mauvais goût pour nous. Rien que notre lit qui est une monstruosité sculptée, doit peser une tonne. Les chevets sont déjà insoulevables et ne parlons pas de l’armoire et de la commode. Un bois exotique couleur merisier bien vernis ici. Même la baie, les portes avec leurs chambranles sont de la même essence. Le mur ou repose la tête de lit est festonné de stuc imitation du même bois, avec ange de chaque côté ( !), avec falbalas à pompons du même acabit. La salle de bain répond de la même inspiration, au milieu de la faïence, un frise avec des motifs tous les 30 centimètres, en chapeau, un faux diamant ! … Les gamins diraient «à chier».
La qualité du matelas nous promet cependant la nuit réparatrice qu’il nous faut après notre «raid» sur Angkor… On a plus vingt ans !