jeudi 9 février 2012

LUANG PRABANG



LUNDI 6 : une cuisse de poulet au barbecue pour Anne et une brochette de grenouilles pour moi, en souvenir du mémorable dîner d’un soir de juillet, à Saïgon il y a à peu près dix ans. Des beignets de banane pour Anne et un assortiment de beignets de patate douce et mélange riz-légumes pour moi, des tamarins pour le dessert. Bien différent du «tamarin de tarascon» bien connu chez nous, non exportable car toujours partant mais n’y arrivant jamais, le tamarin asiatique de mon enfance est fort ou sucré comme l’étaient ceux de ce midi.
4 petites grenouilles coincées comme il faut entre les deux parties d’un brin de bambou fendu, vidées comme on vide un poisson et cuites à la braise. C’est super bon, attention aux petits os pour les raffinés dont je ne fais pas partie, la petite colonne vertébrale craque avec délice sous la dent, tout se mange sauf l’extrémité du museau, pour faire des «croas» forts et répétés la gente grenouille  est dotée d’une grande et solide gueule.
Voilà pour la pose « repas » consommé cette fois-ci sur le petit marché (tout compte fait je ne voulais pas renouveler le coup de la soupe), au point de jonction de la route de l’Est d’où nous venions, et de la nationale 13 pour monter au Nord, sur Luang Prabang.
Comme tout arrive, «camion  chargé », nous étions partis une dizaine de minutes avant l’heure annoncée, nous avions pris la précaution de devancer l’appel en étant là bien avant l’heure et c’est donc à l’avant du mini-van en compagnie du chauffeur que nous avons fait la route, à peine plus longue que celle d’avant-hier et pour à peu près le même temps puisque nous sommes arrivés à destination à 15 heures.
Belle route jusqu’au point de jonction, mais la montagne semblait encore plus belle dans ce sens, mais défoncée après, comme l’était le premier tronçon de nationale 13 en partant de Vang Vieng. La cause est assurément le trafic relativement intense sur cet axe majeur qui n’a, paradoxalement, que rarement la qualité de nos anciennes nationales à deux voies. D’ailleurs par endroit le bitume était élimé jusqu’à la caillasse et la terre, au point de plonger des hameaux entiers dans une telle poussière que la végétation était passée du vert au marron.
Même grappes de maisons accrochées aux bords de la chaussée, souvent les «pattes» arrières plongeant dans le vide pour s’accrocher à la terre plusieurs mètres en contrebas. Même vie paisible que la route exogène ne semble pas perturber et pourtant le poids lourd défile sans ménagement, le klaxon permettant que ces deux mondes puissent se côtoyer sans drame. Aujourd’hui lundi, il faut en plus faire attention avec la sortie des écoles : petites filles et petits garçons en chemise blanche immaculée, c’est la tenue de l’écolier. La nationale 13 évolue dans le même écrin montagneux que celle que nous avions quittée, aujourd’hui c’est grand bleu pour le ciel, il fait chaud et la poussière n’en est que plus inopportune. On finit par rentrer les coudes et  fermer les glaces, mettre la clim.
15 heures et nous arrivons, la chaleur nous happe, un tuk tuk et nous rejoignons la guesthouse choisie la veille sur internet. Nous ne nous sommes pas trompés, l’auberge est dans le vieux Louang Prabang, belle, et la chambre des plus «cosy»: du sol au plafond, en passant par les murs et le mobilier, nous sommes dans le bois exotique de la meilleure veine. Pour la première fois tout fonctionne, pas un fil qui pendouille, pas une ampoule manquante, rien n’est de guingois, Anne est aux anges… Il est vrai que nous avons fait une folie à 30 euros la nuit !
Le « coup de foudre » est immédiat et nous rallongeons «la sauce», nous avions réservé pour 3 nuits et resterons  4 nuits pour 3 jours complets, nous avons mérité un bon break et c’est à Luang Prabang que nous le ferons.
Après une bonne lessive, un bon café, nous sommes partis pour un premier petit tour des lieux, assister au coucher de soleil sur le Mékong que nous avons eu grand plaisir à retrouver, et comme un plaisir en cache souvent un autre, mon ami Philippe nous est «tombé» dessus par le plus grand des hasards, et force nous a été de constater qu’au moins deux Vices-Présidents sur trois de «Mosaïque» avaient déserté la vie Orcéenne, heureusement que notre Président et le reste de son bureau sont fidèles au poste !
Philippe et Nadine,  descendent dans le Sud ; nous nous allons vers le nord, et dès demain matin il nous faut régler notre programme de fin de semaine, notre passage en Chine principalement. Nous n’avons pas encore pris de décision sur la manière, voilà ce que c’est que d’avoir le choix… La bonne nuit qui nous attend va nous porter conseil !

MARDI 7 : si nous avions plusieurs vies, nous en terminerions bien une à Luang Prabang. Il est bientôt 18 heures et nous venons depuis une heure d’abandonner nos bécanes car aujourd’hui nous avons fait «bicyclette». Les vendeuses de tickets de loterie avaient déjà leur carnet à souche en mains, petite table et chaise pliante sur le trottoir, pour promettre le gros lot aux laotiens ; le marché de nuit se mettait en place dans notre rue sous les vélums rouges et bleus, les hommes, les femmes et les bébés s’apprêtaient à passer la soirée à sourire au touriste pour quelques kips :  tissages, vêtements, maroquinerie cheap, bijoux argentés ou en argent, vraie et fausse antiquité, souvenirs de toutes sortes, que sais- je encore, tout ce que le touriste est en mesure de ramener chez lui pour égayer son intérieur pasteurisé. D’offrir.
Premier objectif de la journée: la gare routière à quelques deux ou trois kilomètres de notre home : c’est décidé, nous allons en Chine, désolé pour les contre-péteurs mais pas à pied, par le «sleeping bus» de dimanche. Il nous fallait traiter avec le bon dieu car la manip n’est pas ordinaire. En résumé nous avons acheté nos tickets «plein pot» à Luang Prabang mais nous attraperons au vol le fameux bus plus au Nord car nous reprendrons la route deux jours avant qu’il ne parte d’ici. Pour conjurer le mauvais sort, nous prions le dieu des bus laotiens… Saint Samsun !
Comme une partie du trajet prévu se fera en bateau (on ne s’en lasse pas), d’un grand coup de bécane, via le grand marché pour reprendre son souffle (et quelques photos), deux ou trois «Vat» aussi (temples) tous très beaux, nous avons filé vers la rive du fleuve, à la gare (!) des bateaux pour le Nord, mais nos boat-tickets ne seront à prendre que la veille, jeudi.
Déjeuner au dessus de la rive d’un «lap chicken», une salade mélangeé de ce qu’un jardin peu produire coupée en petits morceaux y compris les piments oiseaux fait pour lui donner un relief lao, du poulet par défaut car pas de poissons au marché ce matin . Au redémarrage, nous avions le turbo dans les mollets mais Anne dirait que c’est grâce à la pancake que nous avons pris avant de récupérer les vélos abandonnés 50 mètres plus avant, une crêpe plus bretonne que du côté de Naizin.
Luang Prabang n’est pas une très grande ville mais son intérêt se concentre sur un espace encore plus réduit, celui de la ville «historique» classée par l’Unesco et qui a fait l’objet d’une restauration remarquable. Nous avons noté au passage que la France a financé et finance  largement, la Région centre en particulier et la Ville de Chinon plus spécialement. Cette partie historique est à imaginer comme un pouce dressé vers le Nord-Est, sur la partie gauche le Mékong et sur le reste la rivière Nam Kham… Tout cela pour expliquer que nous avons fait le tour du pouce «dextrorsum» en nous arrêtant tous les 100 mètres : Vat Xieng Thong, remarquable temple du XVI ème siècle, vieilles maisons coloniales presque toutes reconverties en guesthouses, passerelles sur la rivière, berges potagères etc…
Abandonnant nos bicyclettes nous avons d’ailleurs pris un pont de bambou pour traverser la Nam Kham, histoire d’aller voir si nous étions de l’autre côté et nous nous sommes retrouvés avachis sur des coussins dans un chouette endroit (café et restaurant), niché dans les bambous et les bananiers au dessus de la rive, et où Anne sous perfusion d’un shake mango est revenue petit à petit à la vie. Pour moi, le meilleur café lao depuis notre entrée en ces terres. Un bon moment passé aussi à discuter avec un joli petit couple d’hexagonaux vivant à la Réunion, elle médecin et lui dans l’hôtellerie, à parler de nos voyages respectifs, à parler de l’ile «bourbon» que nous avions beaucoup aimée, de sa population métissée, à parler de Madagascar, l’ile «continent» qui ne restera pas une destination inconnue pour nous bien longtemps. Rencontrée à la suite une jeune femme qui sculptait, je lui ai acheté un joli moine en ébène quêtant sa nourriture. Elle la gagne avec son art et son bébé dans les bras de son homme est très beau.
Et nous sommes rentrés doucettement avec des zigs et des zags, tant de choses pouvaient retenir notre attention : l’architecture de Luang Prabang, synchrétisme colonial d’un ordre français et d’un art de vivre laotien, est d’un total enchantement.
Il est 22 heures, nous rentrons du marché de nuit en ce soir de pleine lune que d’un Vat à l’autre les moines chantaient sur une musique lancinante. Le soir est frais mais les couleurs chatoyantes des soieries et cotonnades réchauffent les corps en ballade. Mille choses sur ce marché, surtout des femmes à la vente, femmes Laos en bas et en pull bigarrés, les bébés emmitouflés gambadent quand ils ne dorment pas repliés dans les tissus, parfois l’homme regarde dans un coin le touriste qui tripote plus qu’il n’achète.
En chemin nous nous attardons au spectacle d’une veillée funèbre. Une agence de tourisme entre deux restaurants est fermée pour cause de décès… Toutes portes coulissantes grandes ouvertes sur les tables qui débordent de consommateurs, à l’intérieur le cercueil doré comme un soleil croule sous les fleurs et les couronnes, sur les tapis hier la famille et les amis étaient en recueillement. Ce soir tout le monde était à la détente, les enfants chahutaient pour mieux exprimer la force de la vie, de leurs vies, et dehors le chaland passait dans l’indifférence, tout à son aventure, en groupe, accompagné d’un guide local, ou en solo… Car voila la grande affaire de Luang Prabang, c’est l’arche de Noé du tourisme, pas une nationalité ne manque, beaucoup de français… Et pourtant, magie de la pierre qui respire l’histoire baignée des eaux qui  s’écoulent depuis la nuit des temps,  comme Bouddha ici tout est sérénité.
Paix à l’âme du défunt, la vie cosmopolite de Luang Prabang continuera  sans lui 













MERCREDI 8 : à la fraîche, il n’était pas 9 heures, nous sommes partis nous baigner à la rivière. Passer la passerelle de bambou, une passerelle démontée à la saison des pluies et seulement en usage maintenant, nous avons retrouvé la berge d’en face de la Nam Kham, et dans la solitude du matin calme nous avons fait trempette une petite demie heure en prenant soin de ne pas nous laisser entraîner par le courant afin de ne pas nous retrouver en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, loin de nos sandales. L’eau était fraîche et bien bonne, le tout était de veiller à ne pas boire la tasse !
Sur la partie Est du vieux Luang Prabang se dresse une colline qui domine la cité à quelques 100 mètres et le turbo dans les mollets, nous avons grimpé les 329 marches pour nous mener au That Chomsi, un stupa doré de 24 mètres de hauteur qui sert de «tour Eiffel» à la ville. Un vrai «chemin de croix» sur le parcours version «bouddhisme», temples et bouddhas dans toutes les positions, moines entre réveil et méditation. D’en haut, une vue superbe sur la ville avec le Mékong et son écrin de montagne en toile de fond.
A la redescente sur le versant Ouest, nous attendait le Palais royal avec déjà son plein de visiteurs. Un Palais de style colonial édifié en 1904, meublé fort modestement pour une famille royale qui a habité les lieux jusqu’en 56. A l’intérieur cependant une intéressante collection d’objets et à l’extérieur un beau temple au fastueux intérieur rouge et doré renfermant le trône doré d’un bouddha en alliage d’or et un palanquin pour lui faire faire le tour de la ville lors des cérémonies.
En déjeunant sur l’une des terrasses dominant le Mékong , d’un délicieux plat de poisson cuit dans une feuille de bananier, le plat si savoureux que nous avions découvert lors de notre toute première étape laotienne. Installés sous les flamboyanst, hélas pas à la saison de leur embrasement floral, nous nous sommes montrés d’accord pour dire que nous étions dans un des endroits les plus sereins du monde… Ici le temps semble être suspendu.
Le temps du Laotien oui, le nôtre un peu moins, et d’un pas nonchalant sous un cagnard à vous inviter à la sieste, en prenant le «chemin des écoliers» en passant d’un Vat à l’autre car il y en a partout, nous avons courageusement déniché dans un recoin improbable de la ville, le petit musée ethnologique qui présente en trois salles la diversité des ethnies montagnardes du Laos. Quand les  ethnies entrent au musée c’est qu’elles disparaissent, et il est vrai comme déjà remarqué, que la jeunesse en se diluant dans les villes, part à la rencontre d’un monde moderne. C’est l’histoire à un siècle de décalage du régionalisme français qui s’est fondu pour constituer le peuple de France.
Reste que nous avons eu plaisir de déguster un expresso «pur arabica lao» digne des grands crus de café, et c’est avec un tonus retrouvé que nous avons avec un record de lenteur rejoint notre belle guesthouse.
Ce soir le coucher de soleil était bien beau, pas de rayon vert mais un beau reflet d’or sur la batellerie. Il y avait foule car les «navettiers» (ou « navetteurs » je ne sais plus comment disent les Belges) reprenaient le bac pour rejoindre les villages de la rive droite. A l’heure sacro-sainte du «sun set» , l’on vous propose un embarquement pour vivre sur le fleuve ce moment présenté comme le clou de votre séjour à Luang Prabang, alors que je suis persuadé que le recul de la berge offre au photographe le meilleur «spot» pour tenter de faire la belle photo. Comme si au cinéma il fallait s’installer au premier rang pour mieux voir, la psychologie du touriste est insondable !
Le diner fut calme dans un patio à l’abri de la rue qui se remplissait pour le marché de nuit, qui ce soir ne nous a pas attiré vu que nous l’avions amplement parcouru hier, et pour parler de patio, nous avons jugé plus intéressant de rejoindre la jolie cour/jardin de notre résidence pour y boire notre déca et mettre à jour nos comptes.

JEUDI 9 : cela  peut paraître idiot mais nous avions mis notre réveil à 6 heures. La raison est que les moines font à cette heure matutinale leur quête de nourriture et pour ce faire parcourent en procession les rues avoisinantes de leurs temples où les attende avec leurs offrandes la population commerçante et restauratrice de la ville, histoire probablement de récupérer des bons points de noblesse d’âme. Rien de neuf sous le soleil : tout flatteur vit toujours aux dépens de celui qui l’écoute, rien de plus classique en ce «bas monde» comme en ces terres extrême-orientales même si le sens est tout autre.
Pour l’étranger c’est forcément un spectacle, et bien que nous avions vécu cela en attendant notre mini-van à Kratie, au Cambodge, nous avions décidé d’assister cette cérémonie annoncée comme une version «grand écran», et d’autant plus facilement que notre guesthouse est pile devant l’un des plus importants temples de la ville.
Surprise ébouriffante, ce fût un « péplum » !... Les cars de touristes sont arrivés pour déverser les groupes,  appareil photo au bout du bras ou sur le ventre, mais oh surprise, les guides se sont mis à distribuer des écharpes, et pieds nus ou en chaussettes, assis en tailleur et en enfilade sur le trottoir, cette armée de « gogos » s’est ainsi postée dans un simulacre de rituel pour accorder leur part d’offrande que des « petits malins » n’avaient pas manqué de leur vendre.
Les temples se sont mis à «suer» du moine par toutes leurs portes, et à chacun de donner sa «pincée» de riz dans chaque petit panier que le moine tient d’une main à hauteur du ventre, l’autre pour soulever le couvercle… Espérons que les mains ont été correctement désinfectées, celles des rares laotiens sûrement, ce doit être dans le rituel !
Saint Innocent, priez pour vos fidèles.
Notre second rendez-vous fût de rejoindre le bureau de la navigation vers les 8 heures afin d’y acheter, au départ du bateau d’aujourd’hui, nos tickets pour celui de demain. Opération faite, et d’un coup de bateau, nous nous sommes retrouvés sur l’autre rive pour y passer la matinée…. Le Laos authentique à quelques centaines de mètres, seulement protégé par le Mékong.
Une belle ballade avant la chaleur de l’après-midi à parcourir sur 3 à 4 kilomètres (le double en revenant), une petite route bordée de vie puis un chemin rocailleux enfin  une sente de terre à travers la forêt, au milieu des chants d’oiseaux, pour arriver à un monastère complètement retiré, décrépi mais toujours habité par les moines, où jadis venait le Roi pour s’isoler du monde. Au pied le Mékong dans ses basses eaux, berge plantée avec des passerelles de bambou pour rejoindre des bancs de terres fertiles où s’installe saisonnièrement la vie.
Sur le chemin quelques vieux Vats tout autant défraichis, qu’il faut atteindre toujours par des escaliers à n’en plus finir, même un temple au fond d’une grotte longue et profonde qu’il a fallu atteindre cette fois- ci par des marches de fortune particulièrement dangereuses à la descente. Une petite dame aura eu contre le traditionnel ticket de nous confier la lampe de poche avec la clé du cadenas qui verrouille la porte.
Dans la partie village, des maisons traditionnelles, une petite épicerie où nous passerons un bon moment à siroter un coca au milieu d’enfants et de femmes qui cuisinaient. Les enfants nous regardaient comme des bêtes curieuses, en prononçant le mot falang, non pas qu’ils sont rares ces blancs sur le chemin mais sûrement davantage attablés au milieu d’eux.
Sur le bac de retour (cette fois-ci nous avons pris le bac) nous nous disions dans le silence des eaux du Mékong que nous venions de vivre une des matinées les plus chouettes de notre séjour laotien. Il était 13 heures lorsque que nous avons débarqué sur la rampe défoncée de Luang Prabang, elle appartient encore aux gens du fleuve, la cité classée «Unesco» où l’internationale du tourisme a la bonne idée de se retrouver commence en haut de la rampe.
 Néanmoins il reste des quartiers de vraie vie laotienne, un peu plus en aval nous nous sommes attablés sûrement à la plus «pourave» gargote de la ville, terre battue encombrée de reliefs abandonnés, planches graisseuses et tôles rouillées, ventilateurs au plafond pour ventiler… Nul doute que la cuisinière ne pouvait espérer autant de clients dans son année qu’il y avait de mouches pour nous accompagner. Mais nous y avons déjeuné d’un savoureux poisson au grill pour moi, d’une cuisse de poulet pour Anne (avec le poulet elle assure), riz gluant pour nous deux. Comme pour le Cambodgien, le poisson est l’apport premier en protéines du Laotien des villes, des plaines et même des montagnes. Jusqu’à maintenant et sans effort, je suis dans la note du pays.
Dans ce quartier de vieilles petites rues à l’image du notre, mais si de notre côté flotte une sympathique atmosphère d’hutong, là  elles sont bordées de guesthouses à tout touche mais toutes plaisantes de façade, cette ville est décidément jolie.
De rejoindre la fraîcheur de notre chambre nous est apparu comme être un bon projet, non sans faire une halte café en route où nous avons conversé pendant une bonne heure avec un couple Franco(Elle)-Vietnamien(lui), vivant depuis la retraite à cheval entre Paris et Bali… Des explorateurs du Sud-Est asiatique où leurs expériences se fondaient aux nôtres.
A 15 heures à notre guesthouse, cela nous faisait 9 heures dans les pattes, pour un traitement moindre il y a des gens qui auraient déposé plainte à l’Inspection du travail ! Le soleil s’est couché pour la dernière fois pour nous sur la magique Luang Pragang, où le souffle royal, le passé colonial et l’esprit bouddhique vivent un concubinage des plus harmonieux.
Au soir nous avons remis le nez (et le reste) dehors pour aller dîner, des pizzas arrosées d’un petit blanc du Chili pour fêter notre premier mois de voyage, faire un mini tour de marché de nuit en savourant des yeux le remarquable travail des minorités pour lesquels ce marché existe, au moins pour les tissages, en ne pensant que de retrouver la position allongée dans notre super « king-bed » de 2 mètres de large.
Demain bateau pour Nong khiaw, plus au Nord sur la rive de la rivière Nam Ou… Tout un programme.