vendredi 3 février 2012

VANG VIENG


VENDREDI 3 : que des «menteries», nous avons mis 4 heures et même si l’on retranche le quart d’heure « pipi » le temps que notre chauffeur s’enfile son assiettée de riz à je ne sais quoi, ça laisse beaucoup plus de route que prévue; de plus, si le macadam était des plus corrects sur un bon tiers du chemin, il s’est dégradé au point à se laisser gagner par de longs tronçons de latérite défoncée et secoués en tout sens j’en suis tombé… Dans le sommeil ! Un bon quart d’heure m’a dit Anne d’un œil amusé.

Depuis que nous sommes au Laos, les maisons sont d’avantage en dur, pour celles qui au départ était juchées sur pilotis, un soubassement en parpaings ou en briques en font de véritables pavillons. Si pour commencer la route était plate et bordée d’une végétation devenue ordinaire maintenant, elle s’est animée par la suite, grimpait et serpentait dans un décor de petites montagnes (je dis petites car il y a un an nous étions dans la Cordillère des Andes et là nous en sommes loin), à la végétation dense… Et puis nous avons fini par arriver. Il n’a suffit  que de tirer nos sacs à roulettes pour rejoindre la guesthouse retenue, que nous avons trouvée au centre du village, au bord de la rivière.

Si l’on fait abstraction de tout ce qui ne nous convient pas, le paysage de montagnes et de falaises de calcaire, dans lequel s’inscrit la Nam Song, c’est le nom de la rivière, est très beau malgré le temps brumeux et le crachin ... S’il faisait beau temps, un superlatif conviendrait parfaitement pour mieux le qualifier. Et c’est ce panorama que nous avons de notre balcon, où Anne lit en ce moment et moi je tape, car il est presque 18 heures et notre tour et re-tour de ville sont finis, nous ne ressortirons tout à l’heure que pour aller diner.

Le soleil se couche en face mais ce n’est pas ce soir que nous profiterons de ce qui doit être un super spectacle. Il faut dire que dans la nuit des rafales de pluies tropicales s’écrasant sur les tôles du toit du bâtiment contigu à notre hôtel, nous ont réveillés, et si nous nous régalons de bien nous pelotonner sous la couette alors que la nature se déchaîne, nous nous sommes doutés que la journée serait humide. Elle l’a été et le demeure, et comme la météo dit toujours vrai, ce sera encore comme ça demain.

Il y a un «mais» de taille je disais. Vang Vieng n’a plus rien à voir avec le petit village Lao qu’il devait être il n’y a peut-être encore pas très longtemps, une dizaine d’années je suppose. Les trottoirs sont exclusivement bordés de guesthouses, de restaurants, parfois l’un fait l’autre, et ça "gueule de la musique" de partout. De petites agences de tourisme à «tout touche» vous proposent les tickets de transport pour aller à votre étape suivante. Avec les distractions du lieu, toutes plus ou moins centrées sur la rivière et les montagnes, parfois avec un panachage des deux : grimpette, kayak et bouée pour descendre le courant, le tuning. Le tubing c’est simple, l’on vous emmène à plusieurs en amont, assis dans votre chambre à air de tracteur, vous vous collez le derrière dans l’eau et l’on vous récupère au niveau du village. L’histoire ne dit pas si au passage vous ne pouvez pas ramener un poisson en serrant les fesses bien fort au bon moment. Au quel cas vous auriez en prime le repas du soir… Chouette non !

Le paysage est rempli de cahutes à faire des sous sans aucun respect de quoi que ce soit, où s’entasse la belle jeunesse venue faire au mieux relâche et au pire la foire, il est vrai qu’il ne fait pas beau, mais elle est allongée sur des coussins, entassée sur des bat-flancs collectifs en forme d’estrade carrée, au centre desquels il y a une table basse pour consommer, et que fait-elle en dehors de boire des coups et de fumer ?... Elle regarde des séries américaines ou une énième rediffusion des Simpson, sur des écrans plats grands comme des fenêtres. Vang Vieng est devenu «le Ibiza Lao», raison pour laquelle nous sommes retournés à notre guesthouse à la suite de notre premier tour de ville pour annuler notre deuxième nuit prévue… A mon avis on a du prendre un «coup de vieux» ces dernières années sans nous en rendre compte !

Demain, ce sera encore un mini-van  (comme pour aujourd’hui entre voyageurs hélas), départ à 9 heures pour Phonsavan où nous y resterons cette fois bel et bien deux nuits, car à proximité nous irons découvrir ce qu’il est convenu d’appeler «la plaine des jarres».

C’est vers le Nord-Est par rapport à Vang Vieng, sûrement dans un Laos plus authentique, espérons le du moins !