mardi 6 mars 2012

LAC INLE


DIMANCHE 4 : quand le bus s’est pointé à 4 heures 45 devant la guesthouse nous avons cru à un ramassage des passagers  pour rejoindre le mini-van annoncé à la réservation… Que nenni, nous nous sommes très vite aperçus que le tacot qui venait de nous prendre était bien celui qui prétendait vouloir nous emmener à notre destination… De quoi douter à la vue du vieux «Nissan» qui était tout simplement le bus local qui faisait la ligne aussi journalière que régulière entre Nyaung U (Bagan) et Taunggyi, via Shwenyaung, notre arrêt pour le lac Inlé.
Une fois la demie douzaine de voyageurs ramassée aux hôtels, notre bus «d’enfer» s’est dirigé vers la gare routière à la sortie de la ville pour grimper tous les bagages et autres sacs sur la galerie afin de pouvoir faire le plein de «locaux», faire le plein c’est à dire bourrer au maximum, l’avant restant jusqu’alors libre, sortir les petits tabourets, les installer dans l’allée centrale et transformer notre bus (version courte) en tombereau. Et nous avons pris la route plein comme un œuf, enfin du moins c’est ce que nous avons cru car à la porte latérale restée ouverte durant tout le voyage, l’aide chauffeur installé sur le marchepied n’a cessé d’haranguer la «populasse» croisée et ainsi, au nom du toujours plus, l’effectif s’est à ce point étoffé que le toit a commencé à se garnir des candidats au suicide.
Nous, coincés au milieu de tout ce monde, sur une banquette à trois fesses comme cela nous était déjà arrivé je ne sais plus pour quel parcours, sauf que cette fois-ci c’est le fessier d’Anne qui a trinqué. Nos oreilles aussi car sur la route au tiers potable, au tiers défoncée et au tiers en travaux, notre «bolide» faisait autant de bruit qu’une gamelle remplie de pièces et secouée sans répit.
Après deux courtes haltes de confort, et une halte moteur qui s’est probablement trouvée en surchauffe, nous sommes arrivés «laminés» comme jamais à 15 heures, en maudissant les «putains» de route de la Birmanie, et ses «putains» de bus déglingués qui encore une fois nous ont rappelé l’Inde, et encore nous avons le souvenir de bus moins inconfortables… Pauvre Myanmar !
Franchement la route sur la moitié du trajet s’est révélée banale, d’une végétation pauvre et rabougrie, des palmiers, des teks, de la broussaille, de pauvres maisons de bois, de lames de bambou tressées recouverte de palmes et au mieux de tôles, tout un paysage étouffé par la poussière. Et puis la montagne est arrivée, sans que cela ne change grand-chose à la non beauté du paysage et ce n’est que sur les hauteurs que de petits vallons menant au col se sont mis à se parer de belles cultures et la route a débouché sur la jolie petite ville de Kalaw, ouf une chouette agglomération à 1327 mètres d’altitude, aux allures de village de montagne que lui ont donné les Anglais qui venaient dans ces hauteurs pour échapper à la chaleur de la plaine. Ne chargeons pas la mule inutilement, la descente sur notre terminus fût faite de jolis paysages, beaucoup de plantations dans toutes les nuances du vert, des rizières aussi pour annoncer la présence de l’eau. Nous arrivions dans un autre pays.
Une fois déposé, c’est un taxi qui nous a fait parcourir les derniers 11 kilomètres pour nous permettre de jeter nos sacs à notre nouvelle guesthouse, au milieu du village de Nyaungshwe, quasiment sur la rive du lac.
Le rituel est maintenant rodé, récupération dans notre chambre, ici plutôt confortable bien que sous équipée malgré le prix, assortie d’une petite terrasse ; petit tour en ville où auprès d’une petite agence nous avons acheté un «tour» pour demain, et puis nous avons croisé par hasard nos «Provençaux» rencontrés à l’hôtel de Mandalay, puis compagnons de bateau, puis à nouveau croisés sur le site de Bagan… Et nous avons diné ensemble dans un restaurant de trottoir du marché, d’un excellent poisson du lac.

LUNDI 5 : enfin un vrai coup de cœur que ce Lac Inlé, que nous avons savouré durant presque 11 heures. Sans prétendre tout connaître de la vie qui le borde et de l’activité qui y règne, nous voilà au soir très imprégnés de son atmosphère. Les «Provençaux» avec lesquels nous avons diné, doivent y aller demain et nous pourrons au dîner du soir, confronter nos appréciations.
Le lac Inlé s’étire sur en moyenne 22 kilomètres de long entre deux chaines de montagnes, aux pieds desquelles une large rive de bonne terre et un marécage étendu envahi de plantes d’eau, qui font que la largeur du lac est beaucoup plus fluctuante que sa longueur, disons qu’elle est en gros de 11 kilomètres, soit une belle nappe d’eau. Une rivière le traverse, venant du Nord et filant vers le Sud, vers deux autres lacs de moindre importance, avant de se jeter de rivière en fleuve, dans le golfe qui borde à l’Est la ville de Rangoon, voilà approximativement pour la géographie physique. Pour la dimension humaine, nous sommes à l’intersection de plusieurs ethnies, celles des Intha en grande majorité sur et du lac, mais aussi accessoirement, des Shan, des Pa-O, des Taung Yo, des Danu, des Kayah et des Danaw qui vivent dans les alentours.
Tout autour des rives des pagodes sur les hauteurs mais aussi d’autres les pieds dans l’eau, au centtre des villages sur pilotis, et, curiosité de l’endroit, des jardins flottants. Tout se petit monde ne se déplace qu’en bateau, soit sous forme de petit sampan manoeuvré à la rame, soit de canot à moteur un peu à la façon des «longues-queues», un bateau effilé d’une douzaine de mètres pour 1 mètre 50 de large, et assez haut sur l’eau pour permettre à une vingtaine de personnes de s’y coincer. Dans le nôtre nous n’étions que deux comme nous l’avions souhaité, maîtres de notre destinée.
L’intérêt se concentrant principalement dans l’extrémité Sud-Ouest du Lac alors que Nyaungshwe est au Nord sur la rivière à quelques 2 ou 3 kilomètres du lac, section de rivière transformée en chenal pour absorber le trafic incessant des bateaux, il nous a fallu descendre l’étendue d’eau par le travers, et la première partie du spectacle a consisté à observer les pêcheurs du petit matin. La photo est mondialement célèbre dès que l’on illustre la Birmanie, un homme debout sur une patte à l’arrière de son sampan et ramant de l’autre, pêchant de sa main libre soit avec une cloche de bambou de gros poissons au repos dans la plantation aquatique, soit de plus petits à l’aide d’un petit filet. C’est ensuite que nous nous sommes engagés dans un bras d’eau, jusqu’au petit village d’Inthein, voir notre énième pagode, ou plutôt deux pour le prix d’une, à savoir un monastère pas vraiment ancien bâti sur de superbes ruines d’un temple au multiples stupas, remontant à la nuit des temps; surtout pour voir un joli village typique et vivre son marché tout à fait «coloré» des ethnies venues de toutes parts, des montagnes, pour proposer leurs produits et marchandises.
Il y aura la visite d’au moins deux autres monastères dans la journée, l’un aux curieux bouddhas tellement recouverts de feuilles d’or qu’ils se retrouvent informes et tout boursoufflés, et l’autre vaste, tout en bois de tek et sur pilotis, absolument superbe par sa charpenterie et dont la spécialité est si je puis dire, d’y voir vivre des chats sauteurs, des moines qui devaient «s’emmerder», ce que l’on peu comprendre, ont dressé leurs chats à sauter à travers de petits cerceaux. Enfin quelque chose d’utile à leur actif !
Entre temps nous aurons parcouru les rues liquides de villages lacustres des Intah et les travées tout aussi liquides de leurs immenses jardins flottants. Sur le tapis de plantes d’eau, de jacinthes, aménagé sous forme de grandes bandes flottantes maintenues par des bambous fichés au fond, les Indah y déposent en quantité un matelas d’herbes récupérées sur le lac et de la bonne terre fertile, qu’ils cultivent par la suite sans quitter leur bateau, un magnifique travail d’orfèvre en matière de jardinage.
Bien entendu nous avons eu droit à la visite d’artisans qui se termine par celle de leur boutique, vus ainsi ceux qui travaillent l’argent, ceux qui tissent le fil de coton, de soie mais aussi, plus étonnant, le fil de lotus. Etape essentielle, nous avons déjeuné au-dessus de l’eau, d’un poisson du lac pour ne pas déroger à notre cure, un poisson par jour, ou presque !
Vers l’Est la lune prenait place alors qu’à l’Ouest le soleil paressait à se coucher, il a fallu l’attendre trois quarts d’heure coincés dans les nénuphars et les jacinthes pour prendre le dernier cliché du jour, celui de la nuit qui tombe sur le lac Inlé. Alors l’Astre disparut derrière la ligne de crêtes, notre batelier a relancé son moteur et nous sommes rentrés ravis au port.


MARDI 6 : journée bicyclette, et doucettement nous nous sommes dirigés vers ce qui nous ne lassera jamais: passer un bon moment sur un marché. Celui de Nyaungshwe, le plus grand de la région d’Inlé est loin d’être le moins «authentique». Il mérite hautement d’aiguiser tous ses sens avant de l’aborder… Et la première heure de la matinée fût jouissive à souhait. Un marché sans viande et sans poissons frais, vendus probablement par ailleurs mais néanmoins bien achalandé, en clients comme en marchandises puisque Anne a enfin trouvé du dissolvant !
La journée relax s’est en fait révélée plutôt sportive. En louant des vélos nous pensions nous contenter de sillonner le gros bourg de Nyaungshwe sans plus, mais notre petite agence préférée en nous confiant les bécanes nous a proposé un petit itinéraire que nous pensions «fastoche» sur le papier. Et ce n’est que lorsque nous étions sur la route que nous nous sommes rendus compte que nous n’avions plus qu’à appuyer sur les pédales sans nous retourner. Nous avons mis pas loin de 90 minutes pour rejoindre notre but, le village de Maing Thauk sur la côte Est du lac, qui a la particularité d’être en deux parties, l’une classique sur la terre ferme et l’autre sur les pilotis dans l’eau, mieux, plantée au milieu de jardins flottants. Soit 11 kilomètres de route relativement plate mais bien bosselée, sillonnant au milieu de cultures particulièrement tournées vers la canne à sucre avec les petites usines de transformation comme il s’impose, mais aussi une étonnante exploitation viticole, des bananeraies et pour terminer, de belles rizières avant de retrouver les fameux jardins flottants. De beaux arbres aussi, loin d’être tous identifiés, de gros acacias, des eucalyptus et bien d’autres… Une bien belle campagne entre montagne et lac.
D’une partie à l’autre, je parle du village, il y a une très longue passerelle de bois de quelques centaines de mètres, au dessus des rizières, puis des jardins, qui longe un long canal qui s’est avéré être l’axe de communication central de la partie lacustre. Au bout de la dite passerelle, un ponton pour permettre de passer du terrestre au fluvial, ce que nous avons fait pour rejoindre le restaurant des lieux d’un coup de petit sampan, où nous avons mangé, moi en l’occurrence, d’un poisson du lac, mais cette fois-ci au curry pour changer. Nous avions bien l’intention de faire le chemin du retour par la route, d’autant que nous nous étions réservés la visite des chais mais voilà, la proposition du jeune homme du restaurant de nous ramener en bateau à notre port d’attache à vite eu raison de projet initial, et après que notre petit batelier ait récupéré nos deux cycles en amont de la passerelle, nous sommes rentrés comme deux paresseux mais avec le bonheur de la cerise sur le gâteau, de retraverser une partie du lac.
Requinqués, nous sommes repartis à l’assaut de l’asphalte côté Ouest cette fois-ci, avec seulement l’ambition de «faire» une partie de la rive de la rivière, à la rencontre d’un temple aperçu du bateau, puis d’un second aperçu une fois avoir gagné le premier, les deux entourés de superbes rizières. Dans le second, un vieux monastère en bois de tek sur pilotis, nous avons longuement conversé avec un moine qui nous a récité dans l’ordre les présidents de la République Française jusqu’au général, nous citant après celui du vieux Maréchal pour ensuite nous parler d’un air amusé de Brigitte Bardot qu’il regardait au cinéma lorsqu’il était enfant, de la tour Eiffel et d’un œil malicieux, nous plaisanter au sujet d’un 3 à 0 qui avait fait le bonheur des Français et le malheur des Brésiliens… Complètement surréaliste !
Parmi ses livres il y avait «les plus beaux villages de France» et un livre sur Paris, recueil de photos en noir et blanc.
Comme s’il nous en manquait un à notre collection, de monastère, nous avons pris le chemin du Nord, à environ 2 kilomètres de l’entrée de la ville pour en visiter un troisième et dernier, mais nous nous sommes perdus en route, je veux dire que je ne me suis pas rendu compte que j’avais semé «ma moitié» qui s’était arrêtée l’instant d’échanger trois paroles et j’ai fait la visite tout seul. Que l’on se rassure je l’ai retrouvée au retour au détour d’une rue, juste avant de nous exciter sur Internet dans un cyber-café au nom mensonger de «rabbit café» alors que nous n’avons jamais connu de débit si lent au monde, une volonté des «étoilés à casquette» qui ont une peur bleue de la toile… Comme ils ont raison !
Finalement nos amis et nous avons pris tous un poisson du lac à une gargote de nuit, sauf celui qui a préféré des pilons de poulet. Pour ce qui me concerne, je pense que si je continue à consommer du poisson, je vais finir par rentrer à la nage en Europe !
Nous nous séparons demain, ce matin nous avons acheté nos tickets à destination de Rangoon pour le bus de nuit, eux restent deux jours de plus, mais nous avons rendez-vous sur la plage en fin de semaine.

LAC INLE
DIMANCHE 4 : quand le bus s’est pointé à 4 heures 45 devant la guesthouse nous avons cru à un ramassage des passagers  pour rejoindre le mini-van annoncé à la réservation… Que nenni, nous nous sommes très vite aperçus que le tacot qui venait de nous prendre était bien celui qui prétendait vouloir nous emmener à notre destination… De quoi douter à la vue du vieux «Nissan» qui était tout simplement le bus local qui faisait la ligne aussi journalière que régulière entre Nyaung U (Bagan) et Taunggyi, via Shwenyaung, notre arrêt pour le lac Inlé.
Une fois la demie douzaine de voyageurs ramassée aux hôtels, notre bus «d’enfer» s’est dirigé vers la gare routière à la sortie de la ville pour grimper tous les bagages et autres sacs sur la galerie afin de pouvoir faire le plein de «locaux», faire le plein c’est à dire bourrer au maximum, l’avant restant jusqu’alors libre, sortir les petits tabourets, les installer dans l’allée centrale et transformer notre bus (version courte) en tombereau. Et nous avons pris la route plein comme un œuf, enfin du moins c’est ce que nous avons cru car à la porte latérale restée ouverte durant tout le voyage, l’aide chauffeur installé sur le marchepied n’a cessé d’haranguer la «populasse» croisée et ainsi, au nom du toujours plus, l’effectif s’est à ce point étoffé que le toit a commencé à se garnir des candidats au suicide.
Nous, coincés au milieu de tout ce monde, sur une banquette à trois fesses comme cela nous était déjà arrivé je ne sais plus pour quel parcours, sauf que cette fois-ci c’est le fessier d’Anne qui a trinqué. Nos oreilles aussi car sur la route au tiers potable, au tiers défoncée et au tiers en travaux, notre «bolide» faisait autant de bruit qu’une gamelle remplie de pièces et secouée sans répit.
Après deux courtes haltes de confort, et une halte moteur qui s’est probablement trouvée en surchauffe, nous sommes arrivés «laminés» comme jamais à 15 heures, en maudissant les «putains» de route de la Birmanie, et ses «putains» de bus déglingués qui encore une fois nous ont rappelé l’Inde, et encore nous avons le souvenir de bus moins inconfortables… Pauvre Myanmar !
Franchement la route sur la moitié du trajet s’est révélée banale, d’une végétation pauvre et rabougrie, des palmiers, des teks, de la broussaille, de pauvres maisons de bois, de lames de bambou tressées recouverte de palmes et au mieux de tôles, tout un paysage étouffé par la poussière. Et puis la montagne est arrivée, sans que cela ne change grand-chose à la non beauté du paysage et ce n’est que sur les hauteurs que de petits vallons menant au col se sont mis à se parer de belles cultures et la route a débouché sur la jolie petite ville de Kalaw, ouf une chouette agglomération à 1327 mètres d’altitude, aux allures de village de montagne que lui ont donné les Anglais qui venaient dans ces hauteurs pour échapper à la chaleur de la plaine. Ne chargeons pas la mule inutilement, la descente sur notre terminus fût faite de jolis paysages, beaucoup de plantations dans toutes les nuances du vert, des rizières aussi pour annoncer la présence de l’eau. Nous arrivions dans un autre pays.
Une fois déposé, c’est un taxi qui nous a fait parcourir les derniers 11 kilomètres pour nous permettre de jeter nos sacs à notre nouvelle guesthouse, au milieu du village de Nyaungshwe, quasiment sur la rive du lac.
Le rituel est maintenant rodé, récupération dans notre chambre, ici plutôt confortable bien que sous équipée malgré le prix, assortie d’une petite terrasse ; petit tour en ville où auprès d’une petite agence nous avons acheté un «tour» pour demain, et puis nous avons croisé par hasard nos «Provençaux» rencontrés à l’hôtel de Mandalay, puis compagnons de bateau, puis à nouveau croisés sur le site de Bagan… Et nous avons diné ensemble dans un restaurant de trottoir du marché, d’un excellent poisson du lac.

LUNDI 5 : enfin un vrai coup de cœur que ce Lac Inlé, que nous avons savouré durant presque 11 heures. Sans prétendre tout connaître de la vie qui le borde et de l’activité qui y règne, nous voilà au soir très imprégnés de son atmosphère. Les «Provençaux» avec lesquels nous avons diné, doivent y aller demain et nous pourrons au dîner du soir, confronter nos appréciations.
Le lac Inlé s’étire sur en moyenne 22 kilomètres de long entre deux chaines de montagnes, aux pieds desquelles une large rive de bonne terre et un marécage étendu envahi de plantes d’eau, qui font que la largeur du lac est beaucoup plus fluctuante que sa longueur, disons qu’elle est en gros de 11 kilomètres, soit une belle nappe d’eau. Une rivière le traverse, venant du Nord et filant vers le Sud, vers deux autres lacs de moindre importance, avant de se jeter de rivière en fleuve, dans le golfe qui borde à l’Est la ville de Rangoon, voilà approximativement pour la géographie physique. Pour la dimension humaine, nous sommes à l’intersection de plusieurs ethnies, celles des Intha en grande majorité sur et du lac, mais aussi accessoirement, des Shan, des Pa-O, des Taung Yo, des Danu, des Kayah et des Danaw qui vivent dans les alentours.
Tout autour des rives des pagodes sur les hauteurs mais aussi d’autres les pieds dans l’eau, au centtre des villages sur pilotis, et, curiosité de l’endroit, des jardins flottants. Tout se petit monde ne se déplace qu’en bateau, soit sous forme de petit sampan manoeuvré à la rame, soit de canot à moteur un peu à la façon des «longues-queues», un bateau effilé d’une douzaine de mètres pour 1 mètre 50 de large, et assez haut sur l’eau pour permettre à une vingtaine de personnes de s’y coincer. Dans le nôtre nous n’étions que deux comme nous l’avions souhaité, maîtres de notre destinée.
L’intérêt se concentrant principalement dans l’extrémité Sud-Ouest du Lac alors que Nyaungshwe est au Nord sur la rivière à quelques 2 ou 3 kilomètres du lac, section de rivière transformée en chenal pour absorber le trafic incessant des bateaux, il nous a fallu descendre l’étendue d’eau par le travers, et la première partie du spectacle a consisté à observer les pêcheurs du petit matin. La photo est mondialement célèbre dès que l’on illustre la Birmanie, un homme debout sur une patte à l’arrière de son sampan et ramant de l’autre, pêchant de sa main libre soit avec une cloche de bambou de gros poissons au repos dans la plantation aquatique, soit de plus petits à l’aide d’un petit filet. C’est ensuite que nous nous sommes engagés dans un bras d’eau, jusqu’au petit village d’Inthein, voir notre énième pagode, ou plutôt deux pour le prix d’une, à savoir un monastère pas vraiment ancien bâti sur de superbes ruines d’un temple au multiples stupas, remontant à la nuit des temps; surtout pour voir un joli village typique et vivre son marché tout à fait «coloré» des ethnies venues de toutes parts, des montagnes, pour proposer leurs produits et marchandises.
Il y aura la visite d’au moins deux autres monastères dans la journée, l’un aux curieux bouddhas tellement recouverts de feuilles d’or qu’ils se retrouvent informes et tout boursoufflés, et l’autre vaste, tout en bois de tek et sur pilotis, absolument superbe par sa charpenterie et dont la spécialité est si je puis dire, d’y voir vivre des chats sauteurs, des moines qui devaient «s’emmerder», ce que l’on peu comprendre, ont dressé leurs chats à sauter à travers de petits cerceaux. Enfin quelque chose d’utile à leur actif !
Entre temps nous aurons parcouru les rues liquides de villages lacustres des Intah et les travées tout aussi liquides de leurs immenses jardins flottants. Sur le tapis de plantes d’eau, de jacinthes, aménagé sous forme de grandes bandes flottantes maintenues par des bambous fichés au fond, les Indah y déposent en quantité un matelas d’herbes récupérées sur le lac et de la bonne terre fertile, qu’ils cultivent par la suite sans quitter leur bateau, un magnifique travail d’orfèvre en matière de jardinage.
Bien entendu nous avons eu droit à la visite d’artisans qui se termine par celle de leur boutique, vus ainsi ceux qui travaillent l’argent, ceux qui tissent le fil de coton, de soie mais aussi, plus étonnant, le fil de lotus. Etape essentielle, nous avons déjeuné au-dessus de l’eau, d’un poisson du lac pour ne pas déroger à notre cure, un poisson par jour, ou presque !
Vers l’Est la lune prenait place alors qu’à l’Ouest le soleil paressait à se coucher, il a fallu l’attendre trois quarts d’heure coincés dans les nénuphars et les jacinthes pour prendre le dernier cliché du jour, celui de la nuit qui tombe sur le lac Inlé. Alors l’Astre disparut derrière la ligne de crêtes, notre batelier à relancé son moteur et nous sommes rentrés ravis au port.

MARDI 6 : la journée relax est en fait révélée plutôt sportive. En louant des vélos nous pensions sillonner le gros bourg de Nuaungshwe sans plus, mais notre petite agence préférée en nous louant les bécanes nous a proposé un petit itinéraire que nous pensions «fastoche» sur le papier et ce n’est que lorsque nous étions sur la route que nous nous sommes rendus compte que nous n’avions plus qu’à appuyer sur les pédales sans nous retourner, et nous avons mis pas loin de 90 minutes pour rejoindre notre but, le village de Maing Thauk sur la côte Est du lac, qui a la particularité d’être en deux parties, l’une classique sur la terre ferme et l’autre sur les pilotis dans l’eau, mieux, plantée au milieu de jardins flottants. Soit 11 kilomètres de route relativement plate mais bien bosselée, sillonnant au milieu de cultures particulièrement tournées vers la canne à sucre avec les petites usines de transformation comme il s’impose, mais aussi une étonnante exploitation viticole, des bananeraies et pour terminer, de belles rizières avant de retrouver les fameux jardins flottants. De beaux arbres aussi, loin d’être tous identifiés, de gros acacias, des eucalyptus et bien d’autres… Une bien belle campagne entre montagne et lac.
D’une partie à l’autre, je parle du village, il y a une très longue passerelle de bois de quelques centaines de mètres, au dessus des rizières, puis des jardins, qui longe un long canal qui s’est avéré être l’axe de communication central de la partie lacustre. Au bout de la dite passerelle, un ponton pour permettre de passer du terrestre au fluvial, ce que nous avons fait pour rejoindre le restaurant des lieux d’un coup de petit sampan, où nous avons mangé, moi en l’occurrence, d’un poisson du lac, mais cette fois-ci au curry pour changer. Nous avions bien l’intention de faire le chemin du retour par la route, d’autant que nous nous étions réservés la visite des chais mais voilà, la proposition du jeune homme du restaurant de nous ramener en bateau à notre port d’attache à vite eu raison de projet initial, et après que notre petit batelier ait récupéré nos deux cycles en amont de la passerelle, nous sommes rentrés comme deux paresseux mais avec le bonheur de la cerise sur le gâteau, de retraverser une partie du lac.
Requinqués, nous sommes repartis à l’assaut de l’asphalte côté Ouest cette fois-ci, avec seulement l’ambition de «faire» une partie de la rive de la rivière, à la rencontre d’un temple aperçu du bateau, puis d’un second aperçu une fois avoir gagné le premier, les deux entourés de superbes rizières. Dans le second, un vieux monastère en bois de tek sur pilotis, nous avons longuement conversé avec un moine qui nous a récité dans l’ordre les présidents de la République Française jusqu’au général, nous citant après celui du vieux Maréchal pour ensuite nous parler d’un air amusé de Brigitte Bardot qu’il regardait au cinéma lorsqu’il était enfant, de la tour Eiffel et d’un œil malicieux, nous plaisanter au sujet d’un 3 à 0 qui avait fait le bonheur des Français et le malheur des Brésiliens… Complètement surréaliste !
Parmi ses livres il y avait «les plus beaux villages de France» et un livre sur Paris, recueil de photos en noir et blanc.
Comme s’il nous en manquait un à notre collection, de monastère, nous avons pris le chemin du Nord, à environ 2 kilomètres de l’entrée de la ville pour en visiter un troisième et dernier, mais nous nous sommes perdus en route, je veux dire que je ne me suis pas rendu compte que j’avais semé «ma moitié» qui s’était arrêtée l’instant d’échanger trois paroles et j’ai fait la visite tout seul. Que l’on se rassure je l’ai retrouvée au retour au détour d’une rue, juste avant de nous exciter sur Internet dans un cyber-café au nom mensonger de «rabbit café» alors que nous n’avons jamais connu de débit si lent au monde, une volonté des «étoilés à casquette» qui ont une peur bleue de la toile… Comme ils ont raison !
Finalement nos amis et nous avons pris tous un poisson du lac à une gargote de nuit, sauf celui qui a préféré des pilons de poulet. Pour ce qui me concerne, je pense que si je continue à consommer du poisson, je vais finir par rentrer à la nage en Europe !
Nous nous séparons demain, ce matin nous avons acheté nos tickets à destination de Rangoon pour le bus de nuit, eux restent deux jours de plus, mais nous avons rendez-vous sur la plage en fin de semaine.