MERCREDI
7 : que faire d’autre que d’avoir comme programme pour cette journée «tampon»
que de la commencer par traîner toute la matinée lorsque que Thu Thu, la fort
aimable et jolie patronne de notre petite agence préférée nous a donné
rendez-vous à 12 heures 30 à sa porte pour nous conduire à la station des
pick’ups afin de gagner la gare routière sur la «grand route» à 11 kilomètres
de là, et prendre un bus «grande distance» prévu à 14 heures pour joindre d’une
traite en quelques 15 heures, Rangoon. Arrivée prévue le lendemain matin à 5
heures si tout se passe bien… Voilà, c’est tout simple. Avec ses sièges qui
s’inclinent convenablement, il parait que le «night-bus» est confortable, et
après tout, nous ne devrions pas être plus mal installés que dans un avion.
Mais
il sera dit que décidément, la Birmanie aura été difficilement fréquentable
pour les «sacs à dos», du moins pour ceux qui ne renoncent pas pour autant à un
minimum de confort comme des «vieux» de notre espèce… Pourtant depuis vingt ans
que nous «bourlinguons», nous sommes convenablement rodés !
Pour
la première partie, la réalité fût proche de la théorie, notre aimable Thu Thu
avait finalement convenu que nous attendions le pick-up devant sa boutique, et
alors que nous y étions à 12 heures, le fameux pick-up s’est avéré n’être qu’un
tuk-Tuk, déjà bourré de 4 clients et de leurs bagages, c’est donc au
chausse-pieds que nous avons chargé les nôtres et que nous nous sommes
rajoutés, en dehors d’une patte que je n’ai pas pu rentrer à l’intérieur… Bon
15 kilomètres de bonds en tous sens n’est pas non plus la mer à boire. Notre
bus station s’est révélée n’être en fait qu’un stop de bus qui venait de plus
loin et qu’il a fallu prendre plus ou moins à la hâte. Après quelques autres le
bon bus est passé avec une demi-heure en retard, nous sommes habitués et là
n’est pas non plus un gros problème, d’autant que le confort était au
rendez-vous.
Pas
de problème pour les stops «pipi» et «miam-miam», nous avons mangé sur la route
pour 20 centimes d’euros d’une soupe chinoise, crudités et thé à volonté. La
première partie du trajet consistait à retraverser dans l’autre sens le massif
montagneux, à 30 à l’heure maximum mais au lieu de le faire assis sur un sac de
noix, nous les avons effectués le derrière et le dos dans la mousse. Au milieu
de la nuit, Anne a migré vers l’arrière où des places s’étaient libérées et
après trois heures de sommeil plus ou moins bonnes, nous en avons passé autant
recroquevillé chacun sur deux sièges. Dès que l’on a les pattes en l’air, nous
sommes tout de suite mieux.
C’est
sur le matin que «la chose» s’est gâtée. Branle-bas de combat vers 3 heures 15;
tout le monde- ce qu’il en restait- descend, sans explications autrement dites
en birman. Comme notre immersion reste récente, autant dire que nous étions
dans le brouillard… et en pleine nuit, dans ce qui pouvait être une gare de
bus, vu leur nombre stationnés et vides, mais en lointaine banlieue, vu le désert
par ailleurs. La plupart des voyageurs se sont égaillés dans la nuit et nous
restions à 6 dans le bus. On nous a fait comprendre qu’il fallait descendre
aussi et comprendre qu’ un pick-up gratuit devait nous prendre en charge pour
continuer la route. Ainsi sans comprendre, à 6 donc plus les bagages dans les
pattes, nous sommes partis dans la nuit et la fraîcheur, en direction de ce que
nous espérions être le centre de la ville, pour nous faire «larguer» sur une
grande place vide sans autres explications qu’en birman, donc dans le
brouillard car en 30 minutes nous n’avions pas progressé d’autant que nous
étions encore sous l’effet de notre demi comprimé de somnifère. J’ai identifié
le lieu comme étant la place jouxtant la gare de Rangoon…Parfaitement déserte à
même pas 5 heures du matin donc rien de sûr.