vendredi 2 mars 2012

LA DESCENTE DE L’IRRAWADDY


JEUDI 1er : comme demandé, nous nous sommes présentés au «Malikh2» à 6 heures 30, le temps que tous les passagers gagnent le bord avec leurs bagages et notre bateau toutes amarres larguées, s’éloigna de la rive mi boueuse mi sablonneuse. Le moteur lancé à fond, il fit un demi tour pour prendre à l’heure dite, soit à 6heures, le courant du fleuve en direction de Bagan, à quelques 185 kilomètres plus au Sud. C’est ainsi que nous avons passé la journée, sur le pont les reins calés dans des fauteuils de rotin (sans coussins hélas) et sous la chaleur qui bien vite avait effacé la fraîcheur du petit matin.
Nous voulions descendre l’Irrawaddy, ce fleuve qui prend sa naissance dans le Nord du pays pour se jeter après quelques 2000 kilomètres de cours dans la Mer d’Adaman, en partie Est du Golfe du Bengale, suivant un delta qui enserre Rangoon (Yangon) l’ancienne et avant dernière capitale de la Birmanie. Nous avions le choix entre le bateau lent et le bateau rapide mais après avoir hésité nous avons opté pour la seconde solution, trouvant une navigation de 10 heures plus raisonnable que son alternative qui nous en proposait 15. En fait après 9 heures 30 de descente, nous accostions sur la berge à hauteur de la région de Bagan, il était 16 heures 30.
Le spectacle du fleuve nous a distrait pendant les premières dizaines de kilomètres, avec des berges construites des prolongements de la ville, maisons, immeubles, temples et stupas dorés émergeants de la frondaison des arbres. Sur l’eau, un intense trafic de barges : du sable, du gravillon, des billes de bois en quantité trahissant le crime de déforestation des forêts du Nord du pays. Quelques bateaux de transport de la population pour un transfert d’amont en aval et le contraire, aussi d’une berge à l’autre plus simplement. Les bateaux à plus fort tirant d’eau cherchaient le chenal d’un méandre à l’autre, à l’avant un «sondeur» de sa perche explorant les hauts fonds.
Et puis la navigation devint monotone, peu de végétation pour agrémenter les rives sableuses, quelques villages lointains débordant d’animation sur la berge à leur endroit : flottille de barcasses, lavage du linge, enfants en plein jeux, bref la vie au jour le jour des gens simples. Sous le cagnard quelques habitats de toiles et plastiques composent des rassemblements de pauvres gens écrasés sous un ciel comme chargé de poussière, à travers duquel le soleil ne perçait que par une chaleur épaisse.
Parmi les passagers, deux couples de français de notre âge et une dame seule, forts sympathiques et tous les cinq de la région PACA, avec qui nous avons conversé régulièrement, ils étaient descendus au même hôtel de Mandalay et nous avions partagé le repas d’hier au soir. Divertissement salutaire car nous avons en vérité rapidement trouvé le temps un peu long, ce n’est pas par cette navigation que le Birmanie aura commencé à nous séduire.
L’effervescence recommença à l’approche de l’arrivée, la berge grouillant en tout sens nous ramena à la vie, et ce sont deux rickshaws qui nous prirent en charge. Le premier hôtel choisi n’avait pas reçu notre mail de réservation, c’est un second qui nous offrira le gîte.
Bagan est un ensemble de trois petites agglomérations, aux alentours de l’embarcadère, Nyaung U où se tient le principal de l’activité, plus au Sud, l’ancien Bagan réunissant la zone des temples, et encore plus au Sud, le nouveau Bagan, présenté par notre guide comme étant une «zone dortoir» voulu par le gouvernement pour dégager les sites encombrés d’habitations sauvages.
Nous sommes donc installés à Nyaung U et nous y resterons trois nuits pour deux jours pleins.






1 commentaire:

  1. cela me fait irrésistiblement penser à la descente de l'Irouléguy que nous avons fait ensemble de façon beaucoup plus rapide.L'Irrawaddy est peut-être plus long en bouche ?
    Pascal

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