samedi 11 février 2012

UDOMXAI


SAMEDI 11 : Hokusaï avait au réveil sorti ses pinceaux et ses encres, le paysage était nimbé d’une jolie brume dont on avait déjà ressenti les effets humides avant même que nous ayons ouvert la porte de notre «varangue». C’est à peine si l’on voyait la rivière en contrebas et les cimes disparaissaient dans le flou de l’air d’où le soleil commençait timidement à percer. Après ce fût rapide et Nong Khiaw prît du relief dans la lumière oblique et chaude  du matin.
Ses habitants avaient commencé leur journée bien avant, mollement car la dolence anime, si l’on puit dire, l’activité du laotien. Pas étonnant qu’au début du siècle dernier les Français aient «vietnamiser»  l’administration de leur protectorat avant d’avoir voulu le faire pour tout le territoire. Le village est malgré tout fort occupé par une tâche dont je n’ai pas encore parlé me semble t’il ?
Tout au long des routes, dans la campagne, les gens de la terre récoltent des herbes qui se terminent par une sorte de plumet, et les mettent à sécher au soleil sur les bords des routes notamment. L’on voit des femmes surtout mais aussi les enfants qui travaillent souvent avec leurs parents, les prendre par brassées et les fouetter afin de les égrainer pour ensuite les remettre à sécher. Au long des routes ces scènes sont fréquentes. Au village ce matin, il y avait probablement ramassage, car tout le monde, ou presque, rassemblait ces herbes en gerbes avant de les enfourner dans de grands sacs. Nous n’avons pas d’explication de cette récolte et donc pas la finalité mais nous supposons, à l’observer en passant, que cela forme une sorte de «chaume» propre à servir de couverture aux maisons, mais cela reste à confirmer. Dans certains marchés, il nous a semblé voir des balais ainsi fabriqués, il est vrai que l’on balaie beaucoup au Laos !
Il n’était pas question de laisser échapper sans nous le mini-van prévu pour 11 heures pour des raisons de trop plein, aussi dès 10 heures nous étions à la petite gare routière avec armes et bagages. Pour arriver en premier et choisir notre place également, mais voilà, non seulement les places avant étaient déjà prises et comme s’est exclamé  Anne : nous sommes tombés sur le plus pourri des mini-vans», tous les sièges passagers étaient défoncés, difficile de faire un choix.
Notre «toyota» aurait pu prétendre être classé au «Guiness», je crois bien qu’il n’y avait que les pneus de correct, avec le moteur  car il n’a pas failli une seule fois, grâce peut être aux autos-collants de tigre à l’avant et du «Ché» à l’arrière la mécanique s’est montrée sans faille, des fois il ne faut que peu de chose. A l’intérieur tout, mais absolument tout était déglingué, et de fait nous avons préféré nous rabattre sur la banquette du fond pour au moins éviter d’avoir les genoux sous le menton, et de 11 heures 30 à 15 heures nous avons été sans aucun répit, secoué comme des pruniers. Sûr que nous nous sommes tassés de quelques centimètres !
Le goudron en partant de Nong Khiaw était pourtant correct mais très peu de kilomètres après la route est devenue un tel enfer ;  que celle du Nord pour les coureurs à vélo, ferait figure de purgatoire. Même l’espoir de récupérer une meilleure chaussée à la jonction avec celle de Luang Prabang – Udomxaï ne fût pas au rendez-vous, au point que nous avons passé une bonne partie de la journée assis sur un siège complètement avachi au dessus d’amortisseurs inexistants et dans la poussière qui rentrait pas tous les interstices de ce foutu mini-van. Tout au long de la route un paysage montagneux comme nous savons que le Nord Laos est constitué maintenant, mais hélas pour les habitants des bords de la route, la succession de hameaux se retrouve engluée dans une poussière rougeâtre inimaginable… Sous cet aspect, heureusement qu’il y a le grand bain des pluies torrentielles annuelles pour laver tout ça.
Rien à dire sur notre destination, une petite ville qui s’étire le long de la route qui monte vers  la Chine; sauf qu’à moins de 100 kilomètres de la frontière, c’est déjà un peu la Chine au point que certaines enseignes sont en chinois et que l’on entend çà et là parler le chinois.
Notre guesthouse est confortable, la dame de la réception parle un peu le français qu’elle a appris avec les Sœurs de Sainte Marie dans un collège de Vientiane, toute une époque qui ne disparaitra vraiment qu’avec notre génération.
En arrivant à la gare routière, nous nous sommes faits préciser que  le «sleeping bus» de Kunming faisait bien à cet endroit un stop sur son parcours et avons bien signalé que nous devions le prendre «au vol». Il passe chaque jour entre 11 heures 30 et midi, nous y serons avant 11 heures et croisons les doigts pour que l’opération réussisse, à priori tout est bordé pour que cela soit ainsi.
Nous ne serions pas étonnés que cette «manip» soit une première pour eux… Un truc à dire sur les forums pour internautes baladeurs, mais ne crions pas victoire trop tôt, si ça foire nous aurons perdu 90 euros (moins qu’un coup de flash de radar) et serons quitte pour faire le chemin de jour en deux étapes, de quoi modifier sensiblement notre séjour chinois.






2 commentaires:

  1. nous avons fait une ballade au bord de notre Mécong à nous qu'on appelle la Loire. Au delà des berges gelées, les spectacle est splendide et sonore. On se croirait à Pamplemousse, avec les nénuphars remplacés par des ilots de glace de 1 à 3m de diamètre qui dérivent et s'entrechoquent d'une rive à l'autre.Autre pays, autres morses, is not it?
    Pascal

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  2. Bah !!! Il a l'air neuf ce Toyota, le plancher n'est même pas défoncé !!
    Bises

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