mardi 17 janvier 2012

PHNOM PENH



MARDI 17 : la route a louvoyé au travers d’un petit massif montagneux puis nous avons rejoint la plaine qui nous a ramenés à Phnom Penh. Humide en l’air, il était déjà tombé des averses tropicales dans la nuit, humide au sol, le résultat de cette tombée d’eau engorgeant les nappes existantes et les rivières.
La route était cependant redevenue sèche et le chauffeur de notre vieux bus Hundaï pouvait exercer tout son talent de pilotage, faisant fi de la ligne jaune, fi des véhicules venant en face  qui souvent était priés de mordre au dernier moment le bas côté pour passer, voire dans notre sens, fi des  motocyclettes quelque soit leurs configurations : simple engin à un, deux, trois et parfois quatre passagers, tuk tuk plus ou moins chargés, collectifs plus ou moins bondés, poussés de même à dégager à coup de klaxon.
Nous avons même doublé avec peine, dans une ville traversée, un équilibriste assis sur un panneau de bois de dimension classique – 2 mètres 50 x 1, 25 environ – le tout posé sur la selle de sa motocyclette.
Pour agrémenter la « joyeuseté » de la circulation, sans être exhaustif, à noter enfin la quasi-totalité des breaks qui se traînent sur la route, le hayon ouvert maintenu par une perche afin que la palanquée de passagers souvent entassés à l’arrière puisse respirer et voire déborder en déposant les pieds sur le pare-choc. Parfois ce sont les marchandises qui dépassent en traînant sur la route.
Néanmoins, après une pose casse-croûte d’une demi-heure à mi-chemin, où nous avons vu des affamé (es) s’attabler pour «gloutonner» un vrai repas, nous sommes arrivés à la gare routière vers 13 et quart et nous étions installés au Golden Noura Villa, 29 rue n° 178, à la demie. A Phnom Penh les artères principales sont nommées mais les rues portent un numéro.
Nous avons eu peine à traverser la banlieue en plein midi, nous avons eu l’impression que toute la ville s’y était donné rendez-vous ; rues défoncées dans des quartiers qui nous auraient rappelés l’Inde si ce n’était la population bien différente : mêmes constructions déglinguées, trottoirs envahis par des étals de toutes sortes, fossés débordant d’ordures avec vaches en gambade. Pour la touche apocalyptique, l’eau qui était tombée la nuit (nous apprendrons dans l’après-midi qu’il avait fait de violents orages) n’avait pas eu le temps de s’évacuer. Conséquence, sur un bon kilomètre ce morceau d’agglomération était devenu lacustre et ce sans la moindre interruption de la vie, tout fonctionnait : véhicules à mi-roues, personnes à mi-mollets, étals à mi-tréteaux… «ça baignait» pour tout le monde !
La banlieue, comme toutes les banlieues, est loin du charme du centre ville.
Une bonne adresse pour manger, le «Taboo Restaurant» sur les quais et tenu par un Marseillais… C’est ce que nous a dit, une fois attablés, la charmante serveuse qui dans un français impeccable nous a «accrochés» en passant. Petite serveuse de 30 ans qui ramassait enfant des canettes dans la rue pour survivre, fuyant sa famille nombreuse, s’était réfugiée ensuite dans un orphelinat pour «manger» et «faire de l’école», aujourd’hui elle parle couramment l’anglais et le français appris à l’alliance française, célibataire elle ne trouve pas de garçon sérieux, avis aux amateurs. Maintenant, elle aide financièrement sa maman. Son Marseillais de patron, un Cambodgien venu en France en 80, possédant un restaurant à Marseille, tenu maintenant par sa sœur, est revenu il y a 10 dans son pays en ouvrir un autre avec son épouse d’origine vietnamienne. Un homme totalement charmant, qui parle «canebière» à la demande et qui nous a fait une intéressante conversation.
Vous avez dit parti en France en 80 ?...En 80, c’est l’ONU qui débarquait arrosant le pays de dollars, raison pour laquelle la monnaie américaine est «reine» au Cambodge. Mais où sont partis tous ces dollars ?
Après-midi calme à nous balader, sur les quais qui longent le Tonlé Sap, jusqu’à passer voir la poste, très beau bâtiment colonial, il en reste si peu en bonne état, à côté un autre qui devait-être très beau. Balade ensuite dans «notre» quartier où se concentrent les galeries de peintures et force est de constater, elles font un concours de croûtes. Retour à l’hôtel, où nous avons récupéré la même chambre, pour une soirée tranquille.
 Demain notre bus est pour 9 heures, départ pour Battambang, au Nord-Ouest du lac Tonlé. 






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