MARDI
17 : la route a louvoyé au travers d’un petit massif montagneux puis nous
avons rejoint la plaine qui nous a ramenés à Phnom Penh. Humide en l’air, il
était déjà tombé des averses tropicales dans la nuit, humide au sol, le
résultat de cette tombée d’eau engorgeant les nappes existantes et les
rivières.
La route
était cependant redevenue sèche et le chauffeur de notre vieux bus Hundaï
pouvait exercer tout son talent de pilotage, faisant fi de la ligne jaune, fi
des véhicules venant en face qui souvent
était priés de mordre au dernier moment le bas côté pour passer, voire dans
notre sens, fi des motocyclettes quelque
soit leurs configurations : simple engin à un, deux, trois et parfois
quatre passagers, tuk tuk plus ou moins chargés, collectifs plus ou moins
bondés, poussés de même à dégager à coup de klaxon.
Nous avons
même doublé avec peine, dans une ville traversée, un équilibriste assis sur un
panneau de bois de dimension classique – 2 mètres 50 x 1, 25 environ – le tout
posé sur la selle de sa motocyclette.
Pour
agrémenter la « joyeuseté » de la circulation, sans être exhaustif, à
noter enfin la quasi-totalité des breaks qui se traînent sur la route, le hayon
ouvert maintenu par une perche afin que la palanquée de passagers souvent entassés
à l’arrière puisse respirer et voire déborder en déposant les pieds sur le pare-choc.
Parfois ce sont les marchandises qui dépassent en traînant sur la route.
Néanmoins,
après une pose casse-croûte d’une demi-heure à mi-chemin, où nous avons vu
des affamé (es) s’attabler pour «gloutonner» un vrai repas, nous sommes arrivés
à la gare routière vers 13 et quart et nous étions installés au Golden Noura
Villa, 29 rue n° 178, à la demie. A Phnom Penh les artères principales sont
nommées mais les rues portent un numéro.
Nous avons
eu peine à traverser la banlieue en plein midi, nous avons eu l’impression que
toute la ville s’y était donné rendez-vous ; rues défoncées dans des
quartiers qui nous auraient rappelés l’Inde si ce n’était la population bien
différente : mêmes constructions déglinguées, trottoirs envahis par des
étals de toutes sortes, fossés débordant d’ordures avec vaches en gambade. Pour
la touche apocalyptique, l’eau qui était tombée la nuit (nous apprendrons dans
l’après-midi qu’il avait fait de violents orages) n’avait pas eu le temps de s’évacuer.
Conséquence, sur un bon kilomètre ce morceau d’agglomération était devenu
lacustre et ce sans la moindre interruption de la vie, tout fonctionnait :
véhicules à mi-roues, personnes à mi-mollets, étals à mi-tréteaux… «ça
baignait» pour tout le monde !
La
banlieue, comme toutes les banlieues, est loin du charme du centre ville.
Une bonne
adresse pour manger, le «Taboo Restaurant» sur les quais et tenu par un
Marseillais… C’est ce que nous a dit, une fois attablés, la charmante serveuse
qui dans un français impeccable nous a «accrochés» en passant. Petite serveuse
de 30 ans qui ramassait enfant des canettes dans la rue pour survivre, fuyant
sa famille nombreuse, s’était réfugiée ensuite dans un orphelinat pour «manger»
et «faire de l’école», aujourd’hui elle parle couramment l’anglais et le
français appris à l’alliance française, célibataire elle ne trouve pas de
garçon sérieux, avis aux amateurs. Maintenant, elle aide financièrement sa
maman. Son Marseillais de patron, un Cambodgien venu en France en 80, possédant
un restaurant à Marseille, tenu maintenant par sa sœur, est revenu il y a 10
dans son pays en ouvrir un autre avec son épouse d’origine vietnamienne. Un
homme totalement charmant, qui parle «canebière» à la demande et qui nous a fait
une intéressante conversation.
Vous avez
dit parti en France en 80 ?...En 80, c’est l’ONU qui débarquait arrosant
le pays de dollars, raison pour laquelle la monnaie américaine est «reine» au
Cambodge. Mais où sont partis tous ces dollars ?
Après-midi
calme à nous balader, sur les quais qui longent le Tonlé Sap, jusqu’à passer
voir la poste, très beau bâtiment colonial, il en reste si peu en bonne état, à
côté un autre qui devait-être très beau. Balade ensuite dans «notre» quartier
où se concentrent les galeries de peintures et force est de constater, elles font
un concours de croûtes. Retour à l’hôtel, où nous avons récupéré la même
chambre, pour une soirée tranquille.
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