VENDREDI
3 : que des «menteries», nous avons mis 4 heures et même si l’on retranche
le quart d’heure « pipi » le temps que notre chauffeur s’enfile son
assiettée de riz à je ne sais quoi, ça laisse beaucoup plus de route que prévue;
de plus, si le macadam était des plus corrects sur un bon tiers du chemin, il
s’est dégradé au point à se laisser gagner par de longs tronçons de latérite
défoncée et secoués en tout sens j’en suis tombé… Dans le sommeil ! Un bon
quart d’heure m’a dit Anne d’un œil amusé.
Depuis que
nous sommes au Laos, les maisons sont d’avantage en dur, pour celles qui au
départ était juchées sur pilotis, un soubassement en parpaings ou en briques en
font de véritables pavillons. Si pour commencer la route était plate et bordée
d’une végétation devenue ordinaire maintenant, elle s’est animée par la suite,
grimpait et serpentait dans un décor de petites montagnes (je dis petites car
il y a un an nous étions dans la Cordillère des Andes et là nous en sommes
loin), à la végétation dense… Et puis nous avons fini par arriver. Il n’a
suffit que de tirer nos sacs à roulettes
pour rejoindre la guesthouse retenue, que nous avons trouvée au centre du
village, au bord de la rivière.
Si l’on
fait abstraction de tout ce qui ne nous convient pas, le paysage de montagnes
et de falaises de calcaire, dans lequel s’inscrit la Nam Song, c’est le nom de
la rivière, est très beau malgré le temps brumeux et le crachin ... S’il
faisait beau temps, un superlatif conviendrait parfaitement pour mieux le
qualifier. Et c’est ce panorama que nous avons de notre balcon, où Anne lit en
ce moment et moi je tape, car il est presque 18 heures et notre tour et re-tour
de ville sont finis, nous ne ressortirons tout à l’heure que pour aller diner.
Le soleil
se couche en face mais ce n’est pas ce soir que nous profiterons de ce qui doit
être un super spectacle. Il faut dire que dans la nuit des rafales de pluies
tropicales s’écrasant sur les tôles du toit du bâtiment contigu à notre hôtel,
nous ont réveillés, et si nous nous régalons de bien nous pelotonner sous la
couette alors que la nature se déchaîne, nous nous sommes doutés que la journée
serait humide. Elle l’a été et le demeure, et comme la météo dit toujours vrai,
ce sera encore comme ça demain.
Il y a un «mais»
de taille je disais. Vang Vieng n’a plus rien à voir avec le petit village Lao
qu’il devait être il n’y a peut-être encore pas très longtemps, une dizaine
d’années je suppose. Les trottoirs sont exclusivement bordés de guesthouses, de
restaurants, parfois l’un fait l’autre, et ça "gueule de la musique" de partout. De petites agences de tourisme à
«tout touche» vous proposent les tickets de transport pour aller à votre
étape suivante. Avec les distractions du lieu, toutes plus ou moins centrées
sur la rivière et les montagnes, parfois avec un panachage des deux :
grimpette, kayak et bouée pour descendre le courant, le tuning. Le tubing c’est
simple, l’on vous emmène à plusieurs en amont, assis dans votre chambre à air
de tracteur, vous vous collez le derrière dans l’eau et l’on vous récupère au
niveau du village. L’histoire ne dit pas si au passage vous ne pouvez pas
ramener un poisson en serrant les fesses bien fort au bon moment. Au quel cas
vous auriez en prime le repas du soir… Chouette non !
Le paysage
est rempli de cahutes à faire des sous sans aucun respect de quoi que ce soit, où
s’entasse la belle jeunesse venue faire au mieux relâche et au pire la foire,
il est vrai qu’il ne fait pas beau, mais elle est allongée sur des coussins, entassée
sur des bat-flancs collectifs en forme d’estrade carrée, au centre desquels il
y a une table basse pour consommer, et que fait-elle en dehors de boire des
coups et de fumer ?... Elle regarde des séries américaines ou une énième
rediffusion des Simpson, sur des écrans plats grands comme des fenêtres. Vang Vieng
est devenu «le Ibiza Lao», raison pour laquelle nous sommes retournés à
notre guesthouse à la suite de notre premier tour de ville pour annuler notre
deuxième nuit prévue… A mon avis on a du prendre un «coup de vieux» ces
dernières années sans nous en rendre compte !
Demain, ce
sera encore un mini-van (comme pour
aujourd’hui entre voyageurs hélas), départ à 9 heures pour Phonsavan où nous y
resterons cette fois bel et bien deux nuits, car à proximité nous irons
découvrir ce qu’il est convenu d’appeler «la plaine des jarres».
C’est vers
le Nord-Est par rapport à Vang Vieng, sûrement dans un Laos plus authentique,
espérons le du moins !
La civilisation s'infiltre partout, avance à grands pas et fait perdre le charme des contrées reculées (que nous apprécions en vacances). Vous allez certainement retrouver l'Authentique. En plus, la pluie nous rend plus nostalgique!! Le soleil va bientôt revenir, déjà vous avez chaud ! ici, moins 8 la nuit. Bisous. Brigitte.
RépondreSupprimerL'authentique d'aujourd'hui n'a rien avoir avec l'authentique d'hier ma bonne dame ;-)
RépondreSupprimer20 cm de neige à Saumur. -20 d° depuis plusieurs jours à Mulhouse.
RépondreSupprimerChristian, toi qui parcours la planète, explique lui qu'elle se réchauffe. Elle n'a pas l'air au courant. C'est que des menteries, comme dirait Christian.Bises bien fraiches à vous 2.
Pascal
Je confirme : il y a 10 ans, c'était déjà comme ça, du côté de la grande piste d'aviation de Vang Vieng, mais le vrai Laos n'était pas si loin, un peu moins d'1 heure à pied en suivant la route vers le nord........
RépondreSupprimerAllez, bientôt les casinos à la frontière chinoise !
Dominique